Un drone équipé d'une caméra HD.
Un drone équipé d'une caméra HD. - XAVIER FRANCOLON/SIPA

Golfech et Penly ont eu la visite de drones dans la nuit de jeudi à vendredi. Les deux centrales succèdent ainsi à Creys-Malville, Blayais, Nogent-sur-Seine, Cattenom, Chooz, Gravelines, Le Bugey et le Commissariat à l’énergie atomque (CEA) de Saclay: depuis le 5 octobre, les sites nucléaires français sont la cible de drones qui survolent les lieux de nuit ou très tôt le matin. Ces petits engins sans pilote, de plusieurs types et de tailles différentes, ont poussé EDF et le CEA à porter plainte. Mais alors que tous les regards se tournaient vers Greenpeace, coutumier des intrusions sur les sites nucléaires, l’ONG a démenti formellement avoir envoyé ces drones dans l’espace aérien protégé au-dessus des centrales. Qui a bien pu envoyer ces drones?

Les ONG démentent mais en profitent

Habituellement, les associations qui militent contre le nucléaire revendiquent leurs actions contre les centrales. Greenpeace n’a jamais laissé planer le doute sur l’identité des personnes qui s’infiltraient dans les centrales pour démontrer le manque de sécurité des lieux. «Ne pas revendiquer l’action, ce n’est pas dans les pratiques du mouvement écologiste», note Charlotte Mijeon, chargée de communication pour le réseau Sortir du nucléaire. «Pour chacune de ces actions, Greenpeace agit à visage découvert et revendique ses actes», rappelait Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France, ce mercredi. Les associations qui militent contre le nucléaire font néanmoins leur miel de cet événement: «inquiets», ils en profitent pour remettre encore une fois en question la sécurité des centrales françaises.

Le scénario du pire: Le terrorisme

Le contexte international fait évidemment craindre des repérages en vue d’une attaque terroriste. A l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), on relativise: «Ces drones sont de petits appareils qui ont un faible poids et qui n’auraient donc aucun impact sur la sécurité des centrales», nous explique une représentante de l’ASN. Lors d’une conférence de presse, Jean-Pascal Breton, porte-parole de l’armée de l’air, a rappelé que «vu la taille des drones il n'y a pas de menace avérée contre les installations en elles-mêmes». Mais «il est possible d’équipe un drone pour y fixer une caméra, peut-être une petite bombe artisanale», s’inquiète Charlotte Mijeon.

Canular, anti-drones, journalistes…

Parmi les hypothèses, les drones pourraient être simplement l’œuvre de petits plaisantins, néanmoins bien organisés, puisque plusieurs drones ont survolé simultanément des centrales éloignées géographiquement. Une autre hypothèse serait celle d’un lobbying anti-drone qui voudrait dénoncer la surveillance des civils: en septembre 2013, le parti pirate avait envoyé un drone se poser à deux mètres d’Angela Merkel lors d’un meeting à Dresde pour dénoncer la surveillance policière. En France, la CNIL planche sur la création d’une carte qui permettrait de géolocaliser les drones en action autour de chez soi. La question de la vie privée se pose donc et pourrait motiver certaines personnes à démontrer que les drones doivent être mieux encadrés par la réglementation. Enfin, les rédactions se dotent petit à petit de drones pour des reportages dans des zones inaccessibles: des journalistes pourraient-ils être les pilotes de ces engins? Toutes les hypothèses restent aujourd’hui envisagées.

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