La principale source de méthane aux Etats-Unis émet trois fois plus qu'estimé

La plus importante source de méthane aux Etats-Unis, située dans le sud-est du pays, est 3,5 fois plus importante qu'estimée précédemment, selon une nouvelle recherche de la Nasa publiée jeudi.

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L'entrée d'un batiment de la Nasa au Kennedy Space Center

L'entrée d'un batiment de la Nasa au Kennedy Space Center — Karen Bleier AFP

La plus importante source de méthane aux Etats-Unis, située dans le sud-est du pays, est 3,5 fois plus importante qu'estimée précédemment, selon une nouvelle recherche de la Nasa publiée jeudi.

Le méthane est un des plus puissants gaz à effet de serre, qui contribue au réchauffement climatique.

La zone grosse émettrice de méthane, proche de l'intersection des frontières de l'Arizona, du Colorado, du Nouveau-Mexique et de l'Utah, s'étend sur une superficie de 6.500 kilomètres carré, précisent ces chercheurs de la Nasa et de l'université du Michigan dont l'étude paraît en ligne dans la revue Geophysical Research Letters.

Au cours de chacune des sept années durant lesquelles cette étude a duré (2003-2009), cette zone a émis environ 0,59 million de tonnes de méthane dans l'atmosphère, soit trois fois et demi plus que l'estimation précédente.

Ces chercheurs ont utilisé les données de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui fait référence pour la recherche atmosphérique mondiale.

Ils soulignent que ce méthane ne peut pas venir des activités de fracturation hydraulique puisque celles-ci n'avaient pas encore commencé dans cette zone durant la période couverte par l'étude.

La persistance de ces émissions «indique plutôt que les sources probables sont les activités minières pour extraire le charbon et le gaz ainsi que des forages de puits de méthane de houille», selon ces chercheurs.

Lors de précédentes mesures les scientifiques avaient déjà remarqué ces importantes émissions de méthane dans cette région. Mais «nous ne nous sommes pas penchés davantage sur cela car nous n'étions pas sûrs de l'exactitude des mesures, ou s'il s'agissait même d'une erreur de l'instrument», a expliqué Christian Frankenberg, du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa, co-auteur de cette étude.

Eric Kort, de l'Université du Michigan, qui a dirigé ces travaux, souligne la nécessité de faire plus pour limiter les fuites de méthane provenant des activités d'exploitation de charbon, de pétrole et de gaz.

«On se concentre beaucoup sur la fracturation hydraulique mais il faut regarder l'industrie dans son ensemble», estime ce chercheur.

En mars 2014, l'administration Obama avait annoncé une stratégie pour réduire les émissions de méthane dans le cadre de son plan d'action sur le climat.

Cette stratégie comprend une amélioration des mesures des émissions de méthane et de leur contrôle, notent ces chercheurs.