Changement climatique: Un sommet pour faire oublier l’échec de Copenhague

DÉCRYPTAGE Le sommet organisé à New York ce mardi a pour objectif de montrer la volonté politique d’agir sur le sujet, en vue de la signature d’un accord contraignant et ambitieux à Paris en 2015...

Bérénice Dubuc

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Léonardo DiCaprio à 'louverture du sommet de l'ONU pour le climat, le 23 septembre 2014.

Léonardo DiCaprio à 'louverture du sommet de l'ONU pour le climat, le 23 septembre 2014. — Niu Xiaolei/Xinhua/SIPA

Tout faire pour relancer les négociations internationales sur le réchauffement climatique. Un peu plus d’un an avant la Conférence de Paris de décembre 2015, des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement représentant plus de 120 pays se réunissent ce mardi à New York pour un sommet sur le climat.

Et, cinq ans après l’échec de la conférence de Copenhague, l'ampleur de la participation des décideurs politiques mais aussi économiques (250 chefs d'entreprises sont attendus) semble signifier une prise de conscience de la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique au niveau international. «C’est extrêmement positif par rapport à Copenhague, où les chefs d’Etat étaient arrivés à la dernière minute», juge Léna Spinazze, coordinatrice Cop 21 à l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), qui explique qu’à New York, l’idée était de les réunir bien en amont pour qu’une volonté politique se dégage.

Initiatives

«Le fait qu’un certain nombre de chefs d’entreprise soient présents est aussi important, car, si les politiques peuvent donner un cadre à l’action climatique, les patrons eux, peuvent dire comment y répondre de la meilleure façon d’un point de vue business.» Malika Peyraut, chargée de campagne aux Amis de la Terre, tempère: «Il est important que les entreprises prennent conscience de leur responsabilité et soient présentes, mais elles ont déjà conscience de cette responsabilité et ne font rien.» Sa crainte: que ce sommet soit «captif des intérêts privés», et «fasse la promotion de fausses solutions», qui ne règlent pas véritablement les problèmes liés au changement climatique.

Pourtant, les initiatives annoncées en marge du sommet incitent à espérer, comme Ban Ki-moon, que «tous les gouvernements s'engagent à conclure un accord universel et significatif sur le climat à Paris». La famille Rockefeller a ainsi annoncé qu'elle renonçait à certains investissements dans les énergies fossiles, et la France -comme l'Allemagne- a annoncé 1 milliard de dollars pour le Fonds vert pour le climat. «Un engagement important a aussi été pris par le secteur financier d'acheter de moins en moins d'actions des grandes entreprises pétrolières et de financer de plus en plus de projets verts», note également Pascal Canfin, ancien ministre délégué au Développement, présent à New York en tant que conseiller du World Resources Institute (WRI).

Pression citoyenne

Mais il faut encore que ces engagements soient suivis d'effets. «Ce sont des signes qui montrent qu’il y a une évolution, mais il est prématuré de dire qu’un accord juste, contraignant et ambitieux pourra être à coup sûr signé à Paris», juge Malika Peyraut. Elle ajoute: «Les dirigeants doivent agir, mais en écoutant les attentes des populations, et en valorisant les solutions citoyennes et locales mises en place par la population civile», très mobilisée, comme on a pu le voir dimanche avec la participation sans précédent à travers le monde de citoyens à la «Marche pour le climat».

Pour Pascal Canfin, «ce sommet marque une montée en puissance supplémentaire vers Paris en décembre 2015», mais «les leaders du monde doivent continuer à sentir la pression citoyenne jusqu’à Paris, et à Paris». Cette mobilisation va renforcer la volonté politique, pense aussi Léna Spinazze, qui se dit «optimiste» sur la signature d’un accord à Paris, puisque «ce sommet vient apporter une volonté politique aux éléments de convergence qui se dégagent dans les négociations techniques».

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