Un trou dans le pergélisol découvert en Russie, le 16 juillet 2014.
Un trou dans le pergélisol découvert en Russie, le 16 juillet 2014. - AP/SIPA

Il aurait peut-être été préférable qu’il s’agisse d’un météore ou d’un ovni. Mais les trous qui sont apparus il y a quelques semaines au beau milieu de la steppe russe, dans la péninsule de Yamal, sont dus au réchauffement climatique qui provoque la fonte des sols gelés.

Une bombe à retardement climatique

Selon Anna Kurchatova, une scientifique travaillant dans la région, «le réchauffement climatique accélère de manière alarmante la fonte des glaces souterraines, ce qui a pour effet de relâcher du gaz à la manière de l'ouverture d'un bouchon de champagne». Mais ce gaz est loin d’être aussi sympathique que des bulles de champagne: la fonte du pergélisol rejette du dioxyde de carbone (CO2), produit des fossiles d’animaux et de plantes qui se sont accumulés au fil des millénaires dans le sol, et du méthane (CH4), un gaz dont le pouvoir de réchauffement de l’atmosphère est 25 fois plus élevé que celui du CO2.

Une bombe à retardement climatique qui pourrait encore accélérer la fonte du pergélisol: les chercheurs estiment que si la température moyenne en Sibérie augmentait de 2,5°C d’ici à 2040, le pergélisol relâcherait en fondant entre 30 et 63 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, soit l’équivalent d'une à deux années d’émissions mondiales. De récentes études ont démontré que 30% des 10,7 millions de km2 terres gelées sibériennes pourraient avoir fondu d’ici à 2050, repoussant le pergélisol 150 à 200 km plus au Nord qu’aujourd’hui.

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