Stéphane Le Foll: «Nous allons changer le cadre juridique européen pour que chaque pays puisse autoriser ou refuser les OGM»

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Publié le 28 mai 2014.

INTERVIEW – Le ministre de l'Agriculture a réaffirmé sa volonté de développer l'agro-écologie et de soutenir le bio à l'occasion du lancement du Printemps bio...

«On a récupéré des ciboulettes, c’est pour ce soir, pour l’omelette». Stéphane Le Foll est comme tous les Français: à peine sorti de table, il pense au prochain repas. Ce mercredi midi, le ministre de l’Agriculture inaugurait le Printemps bio, quinze jours destinés à booster les ventes de produits bio en France. Malgré quelques altercations inattendues avec les opposants au projet de ferme des mille vaches, le ministre a salué les résultats encourageants de l’année 2013: une hausse de 9% à la fois des surfaces certifiées bio en France et des ventes de produits bio. 

Vous êtes un fervent défenseur de l’«agro-écologie», quelle différence faites-vous avec la bio et laquelle souhaitez-vous voir se développer en France ?

Les deux: la bio a une place et notre plan «Ambition bio» vise à en doubler les surfaces d'ici à 2017. Mais j’avais déjà dit au moment du Grenelle de l’environnement que l’objectif de 20% de surfaces en bio, c’était oublier les 80% qui restent. L’agroécologie s’adresse à toute l’agriculture car la bio ne peut pas répondre à toute la demande. Pour développer une agriculture durable, il faut un changement de modèle global pour améliorer nos productions tout en étant beaucoup plus économes en intrants et en développant l’industrie du biocontrôle pour utiliser moins de matières chimiques.

Les produits bio restent toujours plus chers que les produits conventionnels. Avez-vous un moyen de faire baisser ces prix pour que tout le monde puisse y avoir accès?

La bio est plus chère car elle est moins productive que le conventionnel. Cette baisse de 20 à 50% du niveau de production doit être compensée par le prix, sinon la bio ne peut pas rivaliser. Si je ramenais tout au prix de la bio, l’alimentation serait beaucoup plus chère, mais si je ramenais tout au prix du conventionnel, il faudrait que je compense la perte de volume de production par des aides aux agriculteurs bio. Des aides à la conversion ou au maintien existent mais elles ne peuvent pas compenser le prix, c’est pour ça qu’il faut garder un équilibre entre la production et le marché.

Comment les syndicats agricoles, et en particulier la FNSEA, réagissent-ils à cette volonté de développer l’agro-écologie?

La FNSEA et les chambres d’agriculture acceptent et accompagnent aujourd’hui la diversité des agricultures, dont la bio. C’est un acte fort, qui se fait dans une relation de compréhension et pas d’opposition.

Le traité Tafta en négociation à Bruxelles fait craindre une arrivée des OGM sur le marché européen. La France pourra-t-elle rester sur sa position de refus des cultures OGM?

La France n’est pas seule dans le débat. Les pays qui utilisent des OGM aujourd’hui sont très peu nombreux: il n’y a en fait que l’Espagne qui cultive du maïs. Tout le reste de l’Europe est plutôt sans OGM. Il se trouve qu’en France, nous avons un problème spécifique: quand on interdit les mises en culture de semences OGM, le Conseil d’Etat peut casser l’arrêté qui a été pris. C’est ce qui nous arrive aujourd’hui. Nous prenons donc un autre arrêté, nous faisons une proposition de loi, et puis on essaye de changer le cadre juridique européen. C’est ce qui vient d’être acté au niveau du Conseil européen à l’initiative de la France: on va changer le cadre juridique européen pour que chaque pays puisse légalement prendre la décision d’autoriser ou de refuser des OGM. L'Europe vient d'accepter nos propositions et c'est une très bonne nouvelle.

Propos recueillis par Audrey Chauvet
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