Alain Baraton, jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand parc de Versailles.
Alain Baraton, jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand parc de Versailles. - BALTEL/SIPA

Propos recueillis par Audrey Chauvet

Pour Alain Baraton, le jardinier de Versailles qui répond tous les week-ends aux questions des auditeurs jardiniers de France Inter, faire son potager sur le rebord de sa fenêtre ou son balcon n’est pas compliqué et peut apprendre aux enfants le bonheur de faire pousser des plantes.

Peut-on vraiment faire pousser des légumes et des fruits sur un balcon ou un rebord de fenêtre en ville?

Ce n’est pas seulement possible, c’est même fortement recommandé! Avoir des plantes sur le rebord de sa fenêtre, c’est faire entrer le bonheur chez soi. Si vous avez des enfants, c’est une manière de leur montrer comment se développe la vie. On peut tout simplement les encourager à semer des radis dans un pot quelconque, ils lèvent très rapidement et cela leur montre l’évolution d’une plante, c’est intelligent et ludique.

Quelle plante choisir pour un potager urbain?

Au lieu de planter un sempiternel géranium, on peut mettre des condiments, basilic, persil, des tomates sans problème, des fraisiers, et si on a vraiment la main verte on peut cultiver chez soi un petit oranger. Il faut toutefois se souvenir qu’un arbre a besoin de terre et l’avenir d’un pommier qui resterait en pot est plus qu’incertain. Il faut rester raisonnable: on prend plus de plaisir à voir une plante pousser quand elle n’est pas condamnée à mort.

On ne cultive pas la même chose si on vit à Lille ou à Marseille?

Il faut bien sûr choisir des végétaux adaptés au climat: on va éviter l’ananas sur un balcon lillois. Mais il faut surtout tenir compte de l’orientation du balcon: une plante redoute plus que tout l’absence de lumière, donc il faut lui assurer un minimum de soleil. Il faut aussi se méfier des chocs thermiques: si le bacon passe de 4-5 °C le matin à des températures élevées quand le soleil se réfléchit sur le mur, la plante va souffrir.

Est-ce qu’on peut espérer avoir un rendement suffisant pour se passer du supermarché?

Il ne faut pas rêver! On peut espérer un certain rendement si on est capable de cultiver dans des pots de grande dimension, mais il vaut mieux privilégier la qualité à la quantité. Toutefois, on peut très bien planter de la ciboulette ou d’autres plantes aromatiques pour en avoir toute l’année. L’avantage de cultiver du persil en pot est qu’on ne prélève sur la plante que ce dont on a besoin et un joli pot de persil peut suffire pour toute la cuisine.

Est-ce que les plantes ne vont pas absorber toute la pollution atmosphérique?

Les plantes sont des filtres à pollution: leurs feuilles éliminent les polluants de leur organisme. On sait que le miel produit en ville contient moins de pesticides et que le miel de la ville est même meilleur que celui de la campagne car c’est le travail des plantes et des abeilles de filtrer la pollution. Il faut quand même rincer les fruits avant de les manger!