Google Street View ouvre l'oeil sur la processionnaire du pin

SCIENCES L'Institut national de recherche agronomique cartographie l’évolution de cette chenille invasive...

A Bordeaux, Mickaël Bosredon

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Une chenille processionnaire du pin, à l'Ile de Ré, en décembre 2009.

Une chenille processionnaire du pin, à l'Ile de Ré, en décembre 2009. — AFP PHOTO XAVIER LEOTY

La processionnaire du pin, très présente dans les Landes, poursuit son inexorable ascension vers le nord de la France, à la faveur du réchauffement climatique. Très inquiètes de cette colonisation, plusieurs équipes de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) poursuivent leurs études sur cette chenille, qui dévore les aiguilles des pins, et dont la soie urticante peut causer de sérieux dégâts sur les animaux domestiques et, dans quelques cas, chez l’homme.

Pour la première fois, des équipes de l’Inra ont utilisé les images de Google Street View (GSV) pour cartographier l’évolution de cet insecte.

«Un simple complément»

C’est la région Centre, la zone tampon entre le Sud-Ouest et le Nord de la France, qui a été ciblée, sur une surface de 47 000 km2. «Les nids blancs des chenilles sont visibles de très loin, c’est pourquoi nous nous sommes intéressés aux bases de données de GSV, explique Jean-Pierre Rossi, du Centre de biologie pour la gestion des populations à Montpellier, en poste à Bordeaux jusqu’en 2010. Et la qualité des photos est telle qu’en effet nous avons obtenu des informations sur la présence de chenilles, à des endroits où nous ne pouvons pas nous déplacer.»

Le scientifique précise que l’utilisation de GSV «ne saurait être autre chose qu’un complément aux méthodes de comptage traditionnelles, mais peut s’avérer très efficace pour mesurer l’évolution de certaines espèces invasives.» L’Inra pourrait ainsi utiliser Google Street View pour étudier l’évolution du frelon asiatique.

 Tests

L’Inra de Bordeaux vient de découvrir que les haies de feuillus, notamment de bouleaux, auraient tendance à éloigner les processionnaires des pins, grâce à ses odeurs répulsives.

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