Des militants de Greenpeace lors du sommet de Cancun sur le climat, le 10 décembre 2010.
Des militants de Greenpeace lors du sommet de Cancun sur le climat, le 10 décembre 2010. - Israel Leal/AP/SIPA

Depuis la douche froide de Copenhague, la planète a continué à se réchauffer mais les négociations climatiques semblent givrées. Ce lundi, François Hollande recevait le président du Groupement intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec), dont le rapport paru le 27 septembre a une nouvelle fois rappelé l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Un atout diplomatique

Pour le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, la conférence climat qui se tiendra à Paris «ne doit pas être une réunion pour essayer: ce doit être une réunion pour décider». Après l’échec du sommet de Copenhague et les atermoiements des sommets suivants, «il est essentiel qu’un accord universel, ambitieux et comportant des engagements de réduction d’émissions [de gaz à effet de serre] soit bien conclu en 2015», a annoncé Laurent Fabius ce lundi.

Pourquoi la France réussirait-elle là où les autres ont échoué? Pour Pascal Canfin, ministre délégué au Développement impliqué dans l’organisation de la conférence climat, la France a des atouts qui permettent de «ne pas être pessimiste»: «La France a un réseau diplomatique qui lui permet de travailler avec tous les pays du monde, nous sommes présents au G8, au G20, nous avons des liens de proximité avec certains pays africains», explique-t-il à 20 Minutes.

Une exemplarité à démontrer

Pascal Canfin, qui participe d’ores et déjà tous les mois avec Laurent Fabius et le ministre de l’Ecologie Philippe Martin à un comité de pilotage pour préparer cette conférence, pense que le secret de la réussite de la COP 2015 est dans la préparation: «Nous avons un peu plus de deux ans devant nous. Le piège serait de s’y prendre trop tard, de ne pas profiter de ce temps pour en parler lors de nos rencontres bilatérales avec les représentants du monde entier.»

Le contexte international devrait également aider la France à sortir la tête haute de ce sommet sur le climat: les considérations environnementales prennent de l’importance dans le discours des politiques en Chine et Barack Obama veut verdir son second mandat pour laisser une trace dans l’histoire de la lutte contre le changement climatique aux Etats-Unis. Si la crise économique marque le pas d’ici 2015, la France pourrait ainsi voir sa conférence climat placée sous une bonne étoile.

Mais il ne faudra pas qu’elle oublie de mettre, elle aussi, la main à la pâte. «L’organisation de cette conférence nous oblige à avoir un leadership qui passe, concrètement, par la mise en œuvre de mesures comme la contribution climat énergie ou la réduction de la consommation d’énergie de 50% d’ici à 2050», illustre Pascal Canfin. La France a deux ans pour devenir exemplaire en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un pari pas si simple à relever.

 

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