Bisons, castors et ours reprennent du poil de la bête en Europe

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avec AFP

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Plusieurs populations de mammifères et d'oiseaux européens qui frisaient l'extinction ont connu un net regain démographique au cours des cinquante dernières années grâce aux efforts déployés pour les préserver, indique un rapport publié jeudi.

Plusieurs populations de mammifères et d'oiseaux européens qui frisaient l'extinction ont connu un net regain démographique au cours des cinquante dernières années grâce aux efforts déployés pour les préserver, indique un rapport publié jeudi. — Patrik Stollarz AFP

Le bison d'Europe, le castor d'Europe, l'érismature à tête blanche (espèce de canard à large bec plat) et certaines populations d'oies à bec court ont ainsi enregistré une progression de leurs effectifs de 3.000% chacune.

Aire de répartition en hausse de 30%

Selon ce rapport international, 17 des 18 populations de mammifères étudiées ont augmenté depuis le milieu du XXe siècle, comme celle des ours bruns qui a doublé et celle des loups gris, souvent considérés comme une nuisance, qui a quadruplé.

Le lynx d'Espagne (ou lynx pardelle) est le seul des mammifères à avoir régressé.

Mais au total, les mammifères européens ont étendu leur aire de répartition de 30% au cours des dernières décennies, souligne le rapport.

Quant aux oiseaux, l'intégralité des 19 espèces prises en compte ont prospéré, leur population étant généralement multipliée par deux à sept.

Nécessité d'une «protection forte et soutenue»

«La faune sauvage reprendra du poil de la bête si nous le lui permettons, c'est ce que démontre ce rapport», assure Frans Schepers, directeur de la Fondation Rewilding Europe, qui a financé l'étude.

«Avec une protection forte et soutenue, une stratégie active de préservation de la faune sauvage et de réintroduction d'espèces, beaucoup d'autres suivront certainement», ajoute-t-il.

Alimenté par des contributions de divers scientifiques européens, le rapport a été compilé par la Zoological Society de Londres et les organisations ornithologiques BirdLife International et European Bird Census Council.

Il concerne 18 espèces de mammifères (sur 219 au total en Europe) et 19 espèces d'oiseaux (sur 530).

Le bison d'Europe, presque éteint à l'état sauvage dans les années 1900, a aujourd'hui retrouvé une population de près de 3.000 têtes.

Décimé par la chasse et la perte de son habitat naturel, le ruminant a pu sauver sa peau grâce à un programme de reproduction des derniers survivants conservés en captivité, dont les rejetons ont ensuite été réintroduits dans certaines régions sauvages d'Europe centrale et orientale.

La population de pygargues à queue blanche, un grand rapace proche de l'aigle, a elle aussi pris son envol, passant de moins de 2.500 couples en 1970 à quelque 9.600 en 2010.

De nombreuses espèces européennes avaient atteint un niveau historiquement bas dans les années 1950 et 1960, souvent victimes de la chasse, légale ou non, d'empoisonnements, ainsi que d'une réduction de leur milieu naturel liée à l'agriculture, l'urbanisation et la déforestation.

Biodiversité en baisse

Mais si certaines espèces menacées sont en meilleure forme, la biodiversité dans son ensemble reste orientée à la baisse, rappelle le rapport.

Beaucoup d'autres espèces «n'ont pas encore atteint le niveau nécessaire pour assurer leur survie à long terme», souligne le document.

Globalement, les populations de poissons, de reptiles, de mammifères et d'oiseaux ont diminué d'environ 30% depuis 1970. Les seuls mammifères ont perdu 25% en moyenne et les oiseaux 8%.

Parallèlement, la population humaine a doublé, pour atteindre sept milliards d'individus en 2011.

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