Ce ne sont pas les dents de la mer, mais plutôt les nounours de la mer. Les requins-baleines, complètement inoffensifs pour l’homme, sont les plus grands poissons du monde mais aussi les plus méconnus. René Heuzey, réalisateur, les a suivis au large de Djibouti pour tenter d’en savoir plus sur leur mode de vie. Son film, Le Mystère des requins-baleines, est diffusé le 11 septembre à l’Institut océanographique de Paris en présence du vétérinaire Michel Vély, spécialiste de ces grands poissons, et d’Alexis Rosenfeld, photographe sous-marin.

Pourquoi faire un film sur les requins-baleines?

Au départ, c’est le photographe Alexis Rosenfeld qui voulait tester une lumière spéciale sous l’eau et voir comment les animaux allaient réagir. Je lui ai suggéré d’étudier un animal de grande taille, et nous avons choisi d’aller à Djibouti pour filmer les requins-baleines. J’ai alors rencontré les gens de Megaptera et quand j’ai découvert leur approche et leurs recherches, je me suis dit qu’il y avait matière à faire un sujet original car si on connaît bien les requins blancs ou les requins-tigres, on en sait très peu sur les requins-baleines.

Qu’avez-vous appris sur eux?

J’ai appris qu’on ne sait toujours rien! Depuis le début du tournage en 2004, je suis retourné plusieurs fois à Djibouti et j’ai vu les technologies évoluer, notamment avec les balises satellite qui permettent de suivre les déplacements des requins-baleines. Malgré cela, on ne sait toujours pas s’ils viennent ici pour se reproduire, où ils vont ensuite, si ce sont les mêmes que l’on voit ensuite aux Seychelles, en mer Rouge ou en Australie... On ne sait pas non plus comment ils se reproduisent, s’ils le font sur les grands fonds ou pas, pendant la nuit…

Le requin-baleine est-il menacé de disparition?

La pêche du requin-baleine est interdite, mais il y a évidemment du braconnage. Le film montre aussi que le gros problème à Djibouti ce sont les pêcheurs qui se reconvertissent pour travailler sur des bateaux pour touristes. Les gens payent cher pour voir les requins, mais ils ne font pas attention lorsqu’ils s’en approchent et il arrive qu’ils coupent les ailerons ou les entaillent… Je ne pense pas qu’il faille interdire d’aller les voir mais il faut y aller par petits groupes, ne pas gêner les poissons ni les déranger.

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