Les émissions radioactives après la catastrophe à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011 ne devraient pas avoir de conséquences sur la santé à l'avenir, a estimé vendredi un comité de chercheurs de l'ONU à Vienne.

«L'exposition aux radiations qui a suivi l'accident nucléaire à Fukushima-Daiichi n'a pas entraîné d'effet immédiat sur la santé», a déclaré le Comité scientifique de l'ONU sur les conséquences des émissions radioactives (UNSCEAR).

«Il est peu probable de pouvoir y attribuer à l'avenir des conséquences sur la santé pour la population globale et la grande majorité des travailleurs, pour qui l'historique de l'exposition aux radiations a été établi», a ajouté l'UNSCEAR.

Le Comité, qui présentait les principales conclusions d'un rapport qui sera publié ultérieurement, a salué la réaction du gouvernement japonais immédiatement après la catastrophe.

«Les mesures prises par les autorités pour protéger la population (évacuation et protection sous abri) ont réduit de manière significative l'exposition aux radiations, qui aurait été dans le cas contraire multipliée par 10», selon l'UNSCEAR.

«Aucune mort liée à l'exposition aux radiations n'a été observée auprès des quelque 25.000 travailleurs envoyés sur le site de l'accident. Au vu du faible nombre de travailleurs très exposés, il est peu probable de pouvoir détecter dans les prochaines années une augmentation des cas de cancers de la thyroïde dû aux radiations», a ajouté le comité.

Consécutif à un séisme de magnitude 9 et à un tsunami géant, l'accident de Fukushima avait provoqué en mars 2011 d'importantes émissions radioactives dans l'air, les eaux et les sols de la région de la centrale, située à 220 km au nord-est de Tokyo.

Une centaine de milliers de personnes avaient dû quitter leur domicile et environ 19.000 personnes ont été tuées par la catastrophe naturelle, mais il n'y aucune statistique officielle quant aux décès directement liés aux radiations nucléaires émanant de la centrale.

Un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquait en mars dernier que le risque de cancer a augmenté au sein des populations des zones les plus contaminées, mais que le reste de la population du Japon n'était pas affecté.

L'accident de Fukushima est le pire accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, où une augmentation du nombre de cancers de la thyroïde avait été observé.

«Les doses (de radiations) reçue après Tchernobyl, en particulier dans le cas des enfants et de la thyroïde, étaient beaucoup plus élevées que celles que nous avons mesurées à Fukushima», a expliqué Wolfgang Weiss, qui a supervisé le rapport de l'UNSCEAR, lors d'une conférence de presse.

Mots-clés :