La centrale nucléaire de Fessenheim.
La centrale nucléaire de Fessenheim. - G. VARELA / 20 MINUTES
Audrey Chauvet

Réunir 300 à 400 milliards d’euros, démanteler les centrales nucléaires françaises et arriver à un mix énergétique favorisant l’éolien ou le solaire: le plan peut paraître utopique, mais le WWF France veut y croire. Son directeur général, Philippe Germa, présentera mardi un projet de fonds de financement de la transition énergétique devant les experts du débat national lancé par le ministère de l’Ecologie.

Financer aussi les énergies renouvelables

Selon le WWF, le démantèlement des centrales coûterait entre 300 et 400 milliards d’euros. «Aujourd’hui, les provisions prévues par la loi dans les comptes des opérateurs nucléaires sont des provisions faites en partie sur des titres de sociétés liées à l’énergie nucléaire, explique Philippe Germa. Ca reste consanguin, l’argent n’est pas là vraiment.» Pour pallier ce manque, qui pourrait bloquer la transition énergétique, le WWF reprend l’idée d’un fonds indépendant des opérateurs du nucléaire, qui ajouterait aux provisions légales un prélèvement de quelques centimes sur chaque kilowatt heure d’électricité nucléaire vendue. «Dans le prix du kWh, nous payons déjà le coût du démantèlement, poursuit Philippe Germa. Il s’agirait de sortir cette part et de la mettre dans un fonds dédié.»

Pour le moment, seule la centrale de Fessenheim, en Alsace, est visée par un projet de fermeture en 2016. Mais si la France s’oriente vers un mix énergétique moins centré sur l’atome, le fonds pourrait aussi servir à financer «la rénovation thermique, les adaptations de l’éclairage public, les énergies renouvelables…», poursuit le directeur du WWF. Au-delà du financement, reste à savoir si la volonté politique sera là pour entamer une sortie progressive du nucléaire en France.