Consommer "moins et mieux" son électricité et adapter les réseaux à l'intermittence du solaire et de l'éolien: la transition énergétique promue par le gouvernement passera par des réseaux électriques plus "intelligents", expérimentés notamment à Lambesc (Bouches-du-Rhône), où s'est rendue lundi la ministre de l'Energie Delphine Batho.
Consommer "moins et mieux" son électricité et adapter les réseaux à l'intermittence du solaire et de l'éolien: la transition énergétique promue par le gouvernement passera par des réseaux électriques plus "intelligents", expérimentés notamment à Lambesc (Bouches-du-Rhône), où s'est rendue lundi la ministre de l'Energie Delphine Batho. - Fred Dufour AFP

avec AFP

Consommer «moins et mieux» son électricité et adapter les réseaux à l'intermittence du solaire et de l'éolien: la transition énergétique promue par le gouvernement passera par des réseaux électriques plus «intelligents», expérimentés notamment à Lambesc (Bouches-du-Rhône), où s'est rendue lundi la ministre de l'Energie Delphine Batho. «La transition énergétique a déjà commencé dans les territoires», s'est félicitée la ministre, accueillie à son arrivée par une trentaine de manifestants anti-mariage homosexuel, dans le cadre d'un déplacement pour promouvoir le débat national en cours sur l'énergie. Ce débat, a-t-elle rappelé, doit notamment permettre à la France de réduire sa consommation d'énergie.

Une vingtaine d'expérimentations en France

Lambesc, commune de 9.500 habitants, est en pointe sur le sujet. Elle a été la première à tester, à partir de 2009, un «réseau électrique intelligent» pour mieux piloter les consommations d'une cinquantaine d'habitations et d'une dizaine de lieux comme la maison de retraite. Les «smart grids», ou réseaux intelligents, consistent à utiliser les technologies de communication pour permettre aux producteurs d'énergie de mieux connaître l'état de la demande électrique en temps réel et ainsi de mieux adapter la production. Une vingtaine d'expérimentations sont aujourd'hui en cours en France.

L'expérimentation pionnière menée à Lambesc a permis de démontrer la faisabilité de ce type de réseaux, selon son maire (PS) Jacques Bucki, qui ne peut toutefois communiquer de chiffres. Les technologies mises en place permettent de «moins consommer» (en termes de quantité) mais aussi de «mieux consommer» (au niveau horaires), a-t-il indiqué. Par exemple, ce système permet, dans une maison chauffée électriquement, d'éteindre à distance les radiateurs pendant une heure lors d'un pic de consommation: «Avec l'inertie de la maison, cela ne pose pas de problème et cela permet de passer la pointe», a expliqué à l'AFP Jacques Bucki, membre du Conseil national de la transition écologique.

Mieux adaptés aux énergies renouvelables

En France, «la pointe a augmenté de 28% en dix ans et elle augmente beaucoup plus vite que la consommation d'électricité», a rappelé Delphine Batho, en soulignant l'intérêt de l'expérimentation. Mais l'intérêt des réseaux «intelligents» est aussi d'être mieux adaptés au développement des énergies renouvelables intermittentes (solaire, éolien), en pilotant leur stockage et leur déstockage en fonction de l'état du réseau. Cette expérimentation touche à sa fin mais la région Paca prépare une expérimentation à plus grande échelle, auprès d'un millier d'habitants.

Delphine Batho, prônant des «circuits courts» en matière d'énergie, mise quant à elle sur le compteur communicant Linky, relancé à l'automne par le gouvernement et dont le déploiement est attendu à partir de fin 2014. Ce petit boîtier, dit «intelligent» parce qu'il transmet en temps réel la consommation d'un foyer à ERDF, la filiale d'EDF en charge du réseau électrique de proximité, constituera «la première brique d'une généralisation des smart grids», selon la ministre. Lancé en 2011, Linky a pris du retard en raison de problèmes de financement mais aussi des critiques d'associations qui estiment qu'il ne prend pas assez en compte les besoins des consommateurs. «Linky est un peu critiqué, il n'est peut-être pas assez intelligent et pas suffisamment pratique pour pouvoir décliner un ensemble d'actions directes chez les gens», explique à l'AFP Gilles Berhault, président du comité 21, une association à but non lucratif réunissant quelque 500 organisations.Selon lui, il est essentiel que ce boîtier permette aux habitants de mesurer facilement leurs économies d'énergie par type de consommation (chauffage, éclairage, etc.) pour mieux adapter leurs comportements. «Agir sur les comportements» est en effet essentiel, reconnaît Mme Batho, afin notamment de donner «leur pleine efficacité aux travaux d'isolation et d'efficacité énergétique» encouragés par le gouvernement.