Un documentaire pour découvrir «Fuck for forest»

INSOLITE L'association berlinoise qui met le porno au service de l'écologie est au cœur d'un documentaire qui sort la semaine prochaine en Grande-Bretagne...

Audrey Chauvet

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Image extraite du documentaire "Fuck for forest", de Michel Marczak.

Image extraite du documentaire "Fuck for forest", de Michel Marczak. — DR

Regarder du porno pour sauver la planète: depuis 2004, le site Fuck for forest fait des levées de fonds très particulières. Pour 12 à 80 euros par mois, selon ses moyens et son appétit, toutes les vidéos et photos prises par les membres de l’association sont accessibles en ligne. Cet argent sert à financer des projets environnementaux au Brésil, en Equateur, au Costa Rica ou en Slovaquie.

«Ils vivent dans un conte de fées»

Les quatre membres actifs de Fuck for forest sont au cœur d’un documentaire qui sort la semaine prochaine sur les écrans britanniques. Le réalisateur polonais Michel Marczak a voulu montrer l’envers du décor: derrière les happenings dévêtus et les vidéos débridées, la vie en communauté hippie à Berlin et les relations entre les membres du collectif ne sont pas si zen qu’elles peuvent paraître.

«Je ne veux pas les juger, a expliqué Michel Marczak, mais ma première réaction a été "Ils essayent de sauver les gens à l’autre bout du monde, mais ils n’arrivent même pas à s’entraider eux-mêmes". Ils vivent dans un conte de fées, selon leurs propres règles. Ils ne prévoient jamais rien, même pas ce qu’ils feront le lendemain. Il n’y a aucune règle. C’est ce qui m’a intrigué.»

Le sexe pour la bonne cause

Pourtant, loin de cette image de hippie en marge de la société, les fondateurs de Fuck for forest ont un argumentaire solide: «Le sexe est souvent utilisé pour nous inciter à acheter toutes sortes de produits ou d’idées de merde, alors pourquoi pas l’utiliser pour une bonne cause?» écrivent les deux créateurs norvégiens du site, Leona Johansson et Tommy Hom Ellingsen. Et la démarche porte ses fruits: déjà 100.000 dollars (environ 76.000 euros) ont été collectés grâce aux films en ligne.

Pour la projection du documentaire à Paris, fin mars, deux des «héros» du film avaient fait le déplacement. Ils en ont profité pour se dénuder brièvement derrière Notre-Dame-de-Paris et appeler à la révolution sexuelle, à la liberté et à la paix. Sans oublier la planète: «Nous avons pollué en prenant l’avion, nous devions nous déshabiller pour rendre à la nature ce qu’elle nous a donné», a déclaré Dan, un militant norvégien.

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