Que deviennent les vieux smartphones?

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Publié le 5 avril 2013.

HIGH TECH - «20 Minutes» a jeté son téléphone pour découvrir ce qui se cache derrière les filières de collecte de smartphones usés…

Noël 2012. Après quelques mois passés à pester contre mon iPhone 3GS vieux d’au moins deux ans, Papa Noël dépose dans ma cheminée un iPhone5 flambant neuf. La geek en moi est aux anges mais l’écolo fait un peu la tête. «Tu te rends compte de tout ce gâchis, tu marches à fond dans l’obsolescence programmée et tu fais quoi des terres rares qui sont exploitées pour produire ton téléphone?», me ressasse ma mauvaise conscience. Pour la calmer, je dois trouver une solution pour recycler mon portable.

Le bac de collecte, d’Emmaüs à l’Afrique

Première option, l’apporter dans un point de collecte que m’indique le site d’Eco-systèmes, l’éco-organisme en charge du recyclage des produits des appareils électroniques. Supermarchés ou magasins de téléphones reprennent les portables, tous les portables, même les plus vieux ou les plus détériorés. «Si le téléphone n’est pas fonctionnel, il rejoint la filière de recyclage, explique Guillaume Duparay, directeur des relations avec les partenaires de la collecte au sein d'Eco-systèmes. Toutes les matières premières, métaux comme le cuivre, le nickel, l’étain, sont récupérés. Le plastique est transformé en cônes de chantiers ou en pare-chocs. La batterie est dépolluée et les métaux rares, les quelques microgrammes d’or et d’argent, sont recyclés». Tout ceci se passe en Europe, assure Eco-systèmes, notamment dans une usine de Dreux et chez un spécialiste de la récupération en Belgique.

La décomposition du portable est souvent faite par les Ateliers du bocage, une association née du groupe Emmaüs, spécialisée dans le recyclage des déchets électroniques. Mais également dans le réemploi lorsque les téléphones sont encore fonctionnels: «Si le clavier et les fonctions d’appel et de SMS marchent, le téléphone aura une seconde vie, poursuit Guillaume Duparay. Soit les opérateurs les remettent sur le marché, soit ce sont les Ateliers du bocage qui, une fois le téléphone vidé de toutes les données personnelles, le remettent en vente dans leurs boutiques en France ou le cèdent à un acheteur en gros.» Dans ce cas, le téléphone peut partir pour un long voyage vers «les pays émergents», confie Guillaume Duparay, «l’Afrique notamment est très friande des téléphones des Ateliers du bocage.» Sur les 270.000 téléphones récupérés par Eco-systèmes l’an dernier, 25% ont été revendus localement ou à l’export.

Les sites de reprise, vers la Chine via Brive-la-Gaillarde

Seconde solution, plus lucrative, opter pour un site de reprise de smartphone. Chez Love2recycle, un des douze opérateurs français, on propose de reprendre votre smartphone à un prix variable selon le modèle et son état. Fin décembre, mon iPhone 3GS en très bon état vaut 60 euros. Pourquoi? Parce que c’est à peu près le prix auquel il sera revendu à l’export. «95% des téléphones que nous rachetons et qui fonctionnent sont destinés à l’exportation en Asie où ils sont revendus par les importateurs, explique Benoit Grondin, directeur marketing de Love2recycle. Il y a une véritable bourse mondiale du téléphone d’occasion dont la capitale est certainement Hong-Kong.» Sur cette «bourse», le prix des téléphones varie et chaque nouvelle génération dévalue la précédente. Néanmoins, alors que le prix moyen de reprise sur le site Love2recycle était de 35 euros à son lancement il y a trois ans, il est maintenant d’environ 100 euros. «Les smartphones ont une valeur de reprise relativement élevée dans les deux ans qui suivent leur sortie, poursuit Benoit Grondin. Si on veut revendre son téléphone, mieux vaut donc anticiper les sorties de nouveaux modèles et le faire rapidement.»

Fabriqué en Chine, mon iPhone va donc y repartir pour vivre une seconde vie. Mais avant cela, il va faire un détour par Brive-la-Gaillarde où est installée l’usine de Love2recycle qui réceptionne les téléphones envoyés par les utilisateurs du site. Ils y sont remis en état de marche et parfois «cannibalisés»: «Avec deux ou trois appareils non fonctionnels, on peut en reconstituer un qui marche», explique Benoit Grondin. Vous pouvez donc envoyer vos téléphones très cassés ou même votre fidèle Nokia 3310, mais n’espérez pas en tirer beaucoup d’argent. «Ce serait impossible de revendre un vieux modèle à un prix rentable pour nous, justifie le directeur marketing. Dans ce cas-là, on le remet à des organismes qui les détruisent proprement, comme les Ateliers du bocage.»

Que choisir?

Alors, finalement, que faire de mon vieux téléphone encore en état d’usage? D’un point de vue écologique, le mieux serait de lui donner une seconde vie tout en s’assurant qu’il sera bien recyclé lors de sa vraie mort. Impossible de le savoir et légitime d’en douter s’il atterrit en Afrique ou en Chine. D’après Love2recycle, chaque mobile «recyclé» permet d'économiser 27kgs d'équivalent CO2, mais cela correspond à l’économie «virtuelle» d’un téléphone neuf non fabriqué.

D’un point de vue économique, il est évidemment plus intéressant de recevoir un chèque en échange que de simplement le jeter dans un bac. D’autant plus que l’on a déjà mis la main à la poche pour financer la filière Eco-systèmes à travers l’éco-participation payée à l’achat du téléphone.

Finalement, pour ne se poser de questions, mieux vaut ne se séparer de son téléphone que lorsqu’il est vraiment inutilisable et qu’il n’a plus aucune valeur. On est alors à peu près sûr que les filières de recyclage le démantèleront correctement. Ce n’est pas une raison pour le faire malencontreusement tomber sur le carrelage la veille de la sortie du dernier modèle… 

 

Audrey Chauvet
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