Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris, en septembre 2010.
Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris, en septembre 2010. - AFP PHOTO THOMAS SAMSON

Des maires, députés, sénateurs ou eurodéputés qui s’unissent contre les produits chimiques dans l’agriculture. Ce mercredi, le comité des élus pour les alternatives aux pesticides a été créé avec le soutien de l’association Générations futures, fer de lance de la lutte contre les phytosanitaires, et de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf). Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée nationale, a rejoint ce comité dont il nous présente les objectifs.

Quel est le but de ce rassemblement d’élus?

Le but est d’agir aux différents niveaux, européen, national et local, et de tirer le signal d’alarme. Ce sont de  mauvaises nouvelles qui nous amènent à créer ce comité: depuis des années, on dit que les pesticides sont mauvais pour la santé mais on en utilise toujours. Cela provoque une pollution des cours d’eau et a de graves conséquences sanitaires qui touchent prioritairement les agriculteurs et tous ceux qui utilisent ces produits. Nous avons gagné sur le Cruiser et d’autres produits qui ont été interdits, mais il en reste encore beaucoup. 

Quelle forme d’action peuvent entreprendre les élus?

Les villes peuvent passer au «zéro phyto» qui consiste à entretenir les espaces verts sans produits phytosanitaires. Paris a démontré que c’était possible. Ensuite, c’est dans la négociation de la politique agricole commune (PAC) en cours ou dans celle de la politique agricole française que les élus peuvent faire en sorte de mettre en place des interdictions ou des contraintes fiscales. Et il est clair qu’il faut aussi promouvoir les agricultures alternatives, et pas uniquement le bio. On ne veut culpabiliser personne, mais créer des outils qui permettent d’arriver à se passer des pesticides. Les agriculteurs ont longtemps été poussés au productivisme, à réduire les coûts, et même si on ne changera pas ça du jour au lendemain, le virage doit être pris maintenant.

Est-ce vraiment du ressort des politiques d’agir sur ce sujet?

Ils ont une responsabilité dans la politique agricole car ils ont incité par le passé au productivisme et n’ont pas encadré les aspects sanitaires, or les gens attendent du politique qu’il exerce une surveillance. Les meilleurs témoins de cela sont les agriculteurs qui disent stop, qui ne veulent pas manger les produits qui viennent de leur champ: ce sont nos meilleurs alliés pour montrer que l’on a atteint un non-sens total. Ceux qui osent briser le tabou sont les plus crédibles pour passer ce message.

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