Dans les rayons d'un supermarché à Vaucresson en octobre 2011.
Dans les rayons d'un supermarché à Vaucresson en octobre 2011.

A.Ch.

Selon un rapport publié le 26 février par Oxfam, les dix géants mondiaux de l’agroalimentaire, parmi lesquels Coca-Cola, Danone, Kellogg’s, Mars, Nestlé, Pepsico et Unilever, négligent les droits de leurs millions de fournisseurs dans les pays en développement et ont une politique environnementale peu efficace.

Le rapport, intitulé «La face cachée des marques», révèle ainsi qu’«aucune de ces sociétés ne s’est dotée de politiques permettant de protéger les communautés locales contre les accaparements de terres et d’eau», qu’elles «restent excessivement opaques concernant leurs chaînes d’approvisionnement agricoles» et qu’«aucune ne s’est engagée publiquement à payer un prix décent aux agriculteurs ou à leur accorder des conditions commerciales plus justes».

«Un coût social et environnemental inacceptable»

Oxfam a également classé les entreprises selon leurs politiques d’approvisionnement et de leurs impacts sur les petits agriculteurs et sur l’environnement. En bas du classement figurent Associated British Foods (ABF) et Kellogg’s (23%). Danone arrive en sixième position, tandis que Coca-Cola, Unilever et Nestlé sont en tête.

Pour Jeremy Hobbs, directeur général d’Oxfam International, «Aucune des dix grandes sociétés du secteur agroalimentaire ne fait assez d’efforts pour rompre avec des pratiques leur permettant de tirer parti d’une main-d’œuvre et de terres bon marché pour réaliser des bénéfices colossaux et fabriquer des produits de grande consommation à un coût social et environnemental inacceptable.» L’ONG espère ainsi pousser les groupes agroalimentaires à utiliser «leur puissance économique, sociale et politique suffisante pour améliorer profondément et durablement les conditions de vie de celles et ceux qui souffrent de la pauvreté et de la faim dans le monde.»