Un pôle de recherche pour doper le rendement du tournesol

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Publié le 21 février 2013.

Un pôle de recherche dédié à l'amélioration de la productivité du tournesol par sélection génétique et amélioration des méthodes agronomiques a été inauguré jeudi près de Toulouse, avec l'objectif d'augmenter les rendements de 25% d'ici 2025. Ce pôle pluridisciplinaire, qui rassemble une vingtaine de chercheurs sur le site de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Castanet-Tolosan (Haute-Garonne), a également pour but de stabiliser les rendements face au manque d'eau ou aux maladies.

Le tournesol, dont la France est le premier producteur en Europe avec environ 700.000 hectares, nécessite peu de traitements phytosanitaires et résiste bien à la sécheresse. Mais ses rendements actuels sont encore très inférieurs au potentiel de ses variétés et trop irréguliers. «L'objectif, c'est d'augmenter la productivité du tournesol, parce que c'est une culture qui a un très bon profil environnemental», explique Patrick Vincourt, généticien et coordinateur scientifique du projet. «On est capable de se donner un objectif pour 2025, en terme d'augmentation des rendements, il faudrait faire 25% de plus», poursuit-il, rappelant que le progrès génétique, tel que mesuré ces dernières années, permet «mécaniquement» d'accroître le rendement de 1 à 2% par an.

Un coût de 3,6 millions d'euros

Dans les 920 m2 de laboratoires flambant neufs inaugurés jeudi, les chercheurs vont pouvoir étudier les 30.000 gènes du tournesol et sélectionner, par un travail d'hybridation, ceux qui sont les plus adaptés aux caractéristiques des divers milieux de plantation. Le site, qui réunira des chercheurs jusque-là dispersés ailleurs en France, a coûté 3,6 millions d'euros. Le pôle doit notamment travailler à la modélisation des réactions de la plante en fonction de son environnement: délai de floraison par rapport à la date de semis, évolution de la taille des feuilles...

Ici, un laboratoire étanche sera dédié à l'étude du mildiou, cette maladie cousine de celle de la vigne. Là, une plate-forme de phénotypage permettra de photographier, de mesurer ou de peser les plans à grande échelle. Avec 200.000 hectares, le tournesol est particulièrement présent dans la région Midi-Pyrénées, où se concentrent la plupart des grands semenciers et où sont produites 45% des semences de cette plante dans le monde.

«Avec les semenciers, on va mettre en commun des méthodes, des ressources, de la connaissance. C'est vraiment du travail collaboratif entre les semenciers et l'Inra», détaille Philippe Debaeke, directeur de recherche en agronomie à l'Inra. En outre, une «unité mixte technique» fera l'interface entre la recherche et le développement, afin d'«accélérer le temps entre l'innovation et leur transfert dans le monde agricole», précise le chercheur. «Par exemple, en cinq ans, on a développé un modèle de représentation du fonctionnement de la plante, et aujourd'hui ce modèle est inséré dans des outils web (...) d'aide à la décision.»

Avec Reuters
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