Rénovation énergétique: «En faisant des travaux ambitieux, on ne paye pas plus cher»

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Publié le 21 février 2013.

ENERGIE - Isabelle Rougier, directrice générale de l'Association nationale de l’habitat (Anah), présente le programme «Habiter mieux», destiné à rénover les logements les plus énergivores...

L’Anah, une agence encore peu connue qui pourrait devenir un pilier du grand plan de rénovation thermique des bâtiments voulu par le gouvernement. les ministres du Logement et de l'Energie, Cécile Duflot et Delphine Batho, ont visité ce mercredi une maison à Melun (Seine-et-Marne) ayant bénéficié d'une rénovation énergétique dont plus de la moitié du coût à été financé par l'Anah. Isabelle Rougier, la directrice générale de l’agence, nous explique en quoi consiste cet accompagnement.

Concrètement, en quoi consistent les aides de l’Anah?

Il s’agit à la fois d’une aide financière aux travaux et d’un accompagnement clé en main depuis l’évaluation thermique du logement. Nous apportons des conseils pour choisir les travaux les plus rentables en économies d’énergie et pour mobiliser toutes les aides financières possibles. 

A qui s’adresse cette aide?

Nous nous adressons aux propriétaires de logements modestes, mais comme ils ne vont pas spontanément s’adresser à nous, nous essayons de les repérer. Pour cela, nous travaillons en partenariat dans chaque département et agglomération avec les collectivités locales, les artisans et les acteurs sociaux comme les Caisses d’allocations familiales ou de retraite.  Les signes qui permettent de repérer les personnes cibles peuvent être la difficulté à payer leur facture d’énergie, mais nous pouvons aussi être alertés simplement par une aide à domicile qui travaille chez une personne âgée et qui constate qu’elle a des difficultés à se chauffer ou par un artisan qui intervient chez quelqu’un.

Combien de ménages avez-vous aidé et pour quel type de travaux?

Nous avons financé 12.000 familles en 2012 et environ 20.000 depuis le début du programme. Le montant moyen des travaux est de 15.000 euros et il s’agit le plus souvent de remplacement de chaudières avec une isolation des combles, qui permet un gain énergétique d’au moins 25%, ou une isolation du logement. Tout l’intérêt de la démarche est de montrer aux personnes qu’en faisant des travaux ambitieux, elles ne vont pas payer plus cher grâce aux subventions qui peuvent parfois aller jusqu’à 80% du coût des travaux.

On estime que quatre millions de ménages vivent en France dans des passoires énergétiques, avez-vous les moyens d’aider tout le monde?

Le plus facile est d’aider les propriétaires occupant le logement, qui ont la décision de faire ou non les travaux. Nous avons les moyens pour les aider, la vraie difficulté est plutôt de les convaincre que cela leur permettra de faire de vraies économies d’énergie et notamment, pour les personnes âgées, de leur faire comprendre que malgré les désagréments durant les travaux, cela leur permettra de payer moins de chauffage et de rester chez elles. 

Le plan de rénovation thermique du bâtiment veut rénover 500.000 logements par an: cela vous semble-t-il réaliste?

C’est une belle ambition! Dans un contexte où le prix de l’énergie augmente, il me semble réaliste et souhaitable de sensibiliser les français à réaliser ce type de travaux. C’est une démarche gagnante pour tout le monde, pour les économies d’énergie, le confort du  logement, l’impact sur la santé, le maintien à domicile des personnes âgées... 

Propos recueillis par Audrey Chauvet
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