Un renard dans le jardin d'une résidence londonienne, le 10 février 2013.
Un renard dans le jardin d'une résidence londonienne, le 10 février 2013. - Photo by Invicta Kent Media / Rex Features

Audrey Chauvet

On savait que les abeilles avaient trouvé refuge sur les toits de nos villes, mais ce ne sont pas les seules à trouver les avenues et les boulevards des métropoles françaises. Renards, fouines ou chauve-souris cohabitent avec les citadins, qui ignorent souvent leur présence. Jusqu’à ce qu’un drame se produise: ce week-end, un nourrisson a été attaqué à Londres par un renard, poussant le maire de la capitale britannique à annoncer un plan d’action pour limiter la population de renards en ville.

1.600 animaux en liberté à Paris

A Paris, où des renards ont été observés intra-muros, on est encore loin de cette situation: «Londres compte 10.000 renards, Paris seulement une centaine, chiffre Xavier Japiot, Chargé d’études faunistiques à l’Agence d’écologie urbaine (AEU) de la ville de Paris. Cela est lié au fait que Londres est quinze fois plus grand que Paris et surtout qu’il y a beaucoup plus de parcs.» Il n’empêche que des chemins mènent les renards des forêts périurbaines, comme le bois de Vincennes, vers le cœur de la capitale: «Ils passent par les voies ferrées, les petites ceintures ferroviaires, les berges des canaux ou de la Seine, les avenues plantées…» explique Xavier Japiot.

Le renard n’est qu’une des 1.600 espèces animales recensées dans la capitale: hérissons, fouines ou lapins aiment la vie parisienne, qui leur fournit de la nourriture facile. Poubelles ou gamelles pour chats sont une aubaine pour tous les animaux sauvages, qui ne devraient pas toutefois pas proliférer sans fin: «Un renard a besoin d’un territoire de 50 à 70 hectares», rappelle l’expert en faune urbaine. Avec 10.540 hectares, Paris n’aurait pas la capacité d’accueillir plus de 200 renards.

Les plus dangereux ne sont pas ceux que l’on croit

Si les renards londoniens sont devenus dangereux à force d’être apprivoisés par l’homme, ceux que nous côtoyons en France restent inoffensives, aussi bien pour les citadins, dont il a peur, que pour leurs animaux domestiques. A priori, le renard ne s’en prendra pas un chat de gouttière, les deux espèces ayant la sagesse de s’éviter. Mieux, le renard pourrait même être utile: «C’est une espèce qui a parfaitement sa place en milieu urbain car elle est en fin de chaine alimentaire, donc elle régule la population de plusieurs espèces comme les rats surmulots ou les pigeons», explique Xavier Japiot.

Quant aux virus que les animaux sauvages pourraient transmettre, les experts ne semblent pas inquiets. La rage a été éradiquée en France et l’échinococcose, un parasite digestif qui touche les renards mais aussi les chats et les chiens, est très rare et se soigne de mieux en mieux. Finalement, les renards seraient plutôt un atout pour la biodiversité urbaine: «Ils font beaucoup moins de dégâts que les chats, qui ont un impact extrêmement fort sur les oiseaux», rappelle Xavier Japiot. Du chat ou du renard, le plus dangereux n’est pas toujours celui qu’on croit.