Une éolienne sur le site nucléaire de Tricastin.
Une éolienne sur le site nucléaire de Tricastin. - SIPA

Audrey Chauvet

Sur le chemin de la transition énergétique, tout le monde n’a pas la même démarche. Alors que le gouvernement lance un grand débat national sur le sujet tout en réaffirmant que la France continuera à avoir besoin d’une part importante d’électricité nucléaire, Greenpeace préfère s’attaquer au problème en tirant un trait sur les centrales. Le scénario de transition énergétique imaginé par l’ONG, présenté ce vendredi, permettrait à la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 95 % sans recours à l’énergie nucléaire.

Pour cela, il faudrait bien sûr investir massivement dans les énergies renouvelables. «En 2050, la satisfaction des besoins énergétiques du pays passe majoritairement par une production renouvelable à hauteur de 92% de l’énergie finale», table Greenpeace. «En France, nous recommandons de développer l’éolien assez rapidement pour capter une partie des 400GW de potentiel en Europe», explique Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie climat, à 20 Minutes.

Sus aux radiateurs électriques

Eolien, solaire, biomasse ou géothermie devraient être couplés avec des économies d’énergie. «Nous tablons sur une baisse ou une stabilisation de la consommation d’électricité par des économies dans les secteurs résidentiel et tertiaire, poursuit Cyrille Cormier. La rénovation énergétique de 6 millions de logements d’ici à 2020 pourrait réduire de 20% la consommation si on les amène à une moyenne de  80kWh/m²/an.» Les premiers à être sacrifiés seraient les chauffages électriques, responsables des pics hivernaux durant lesquels la France rencontre des difficultés à répondre à la demande. Selon Greenpeace, la France pourrait arriver à économiser 55% d’énergie finale d’ici à 2050.

Toutes ces mesures permettraient de sortir du nucléaire dès 2031, assure Greenpeace, mais en investissant 286 milliards d’euros dans le développement des énergies renouvelables et la sobriété énergétique. «Mais le maintien du parc existant coûterait lui 372 milliards d’euros d’ici à 2035, nuance Cyrille Cormier. Le rôle du politique est de décider dans quoi la France doit investir et de trouver des moyens notamment par des taxes sur les industries électro-intensives ou en faisant des tarifs préférentiels aux plus économes.»