Des moules sauvages.
Des moules sauvages.

Audrey Chauvet

Tristan da Cunha, 37° sud, 12° ouest. Autant dire perdu au beau milieu de l’Atlantique sud. Sur cette île anglo-saxonne vivent seulement 275 habitants, considérés comme parmi les plus isolés au monde. Pourtant, un envahisseur inattendu pourrait remettre en cause leur survie: les moules méditerranéennes. Arrivées sur la coque d’un cargo démoli sur une île voisine, elles menacent aujourd’hui les homards, dont la pêche représente 80% des revenus de l’île.

Le quotidien britannique The Guardian explique que la moule méditerranéenne, ou Mytilus galloprovincialis, fait partir des cent espèces les plus invasives au monde, ce qui fait redouter aux biologistes une situation similaire à celle de l’Afrique du Sud, où les moules ont colonisé des centaines de kilomètres de rivage.

Trop tard pour arrêter les moules?

Sur Tristan da Cunha, «Les moules pourraient coloniser de grandes zones», explique Sue Scott, biologiste marine, où elles se nourriraient des petits oursins et autres créatures que mangent les petits homards. «Des dégâts durables sur la pêche au homard sont une réelle menace», insiste Sue Scott. Selon elle, les moules ayant été détectées près d’un an après leur arrivée et il pourrait déjà être trop tard pour freiner leur invasion. Les administrateurs de l’île ont eux tempéré les propos des scientifiques en annonçant le lancement d’une évaluation et en précisant que des moules avaient déjà tenté de s’établir sur l’île, sans succès.

L’île Tristan da Cunha est inscrite au patrimoine mondial pour son écosystème, «un des moins perturbés des îles tempérées du monde». Mais ça, c’était avant les moules.