L'avenir de l'énergie française passera-t-il par les «smart grids»?

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Publié le 6 février 2013.

ENERGIE - Les compteurs intelligents pourraient permettre une gestion plus économique et plus écologique de l'énergie en France...

Consommer une électricité moins polluante, moins chère, améliorer son confort ou encore participer à diminuer la fréquence des coupures de courant: les réseaux intelligents promettent de convertir les ménages en acteurs d'un monde de l'énergie connecté à internet. Mais l'impact marginal de ces «smart grids» sur les factures pourrait freiner leur développement, pourtant vital aux professionnels du secteur afin d'éviter que les atouts du modèle énergétique français ne se convertissent demain en faiblesses.

Greenlys en test à Lyon et Grenoble

A Lyon et Grenoble, un projet pilote baptisé Greenlys vise à proposer d'ici à 2016 une vitrine des solutions proposées. «Si demain tout le monde met en charge sa voiture électrique à 19h, il faudra de la production pour répondre à cette demande, mais les énergies renouvelables sont intermittentes et leurs intensité variable selon l'heure de la journée», résume Matthieu Terenti d'ERDF, coordinateur du projet Greenlys. «Sans un développement des smart grids, vous aurez des coupures, vous grillerez du matériel avec des niveaux de tension trop élevés», ajoute-t-il.

Pour la première fois en France, une centaine de clients testent les smart grids dans une approche globale: modèles pointus de prévision de production d'éolien et de solaire, système d'«auto- cicatrisation» rétablissant les coupures sans intervention d'un agent, équipement en compteurs intelligents Linky, etc. En aval du réseau, Greenlys prévoit également l'installation de 1.000 «energy box» dans les foyers, ayant pour objectif de fournir aux consommateurs, et aux fournisseurs, une meilleure information et une maîtrise de la consommation.

Patrick Pipet a accepté il y a trois mois de s'équiper d'une «energy box» qui ordonne aux radiateurs, via son réseau wifi, de porter à tel niveau la température du salon avant son retour du travail, à telle autre de la cuisine à l'heure du dîner. «J'ai vraiment gagné en confort de vie mais je ne me fais pas trop d'illusion sur l'impact sur mes factures. Si je gagne 100 euros sur ma facture annuelle ce sera déjà bien», explique-t-il. Dans le même quartier d'Europole, Muriel Pibou teste gratuitement le système depuis début janvier, par curiosité et par souci écologique, plus que par intérêt financier. Elle admet ne pas connaître le montant de sa facture annuelle d'électricité et vient tout juste de souscrire à un contrat heures pleines-heures creuses. Sur un site internet dédié, elle peut modifier les ordres donnés aux radiateurs, au chauffe-eau, consulter sa consommation en temps réel ou revenir sur celle de la semaine passée.

Le bénéfice collectif plus évident que l’individuel

A 19h, heure du pic quotidien de consommation où les Français rentrent chez eux et allument simultanément lumières, plaques de cuisson et télévision, l'ordinateur signale un «effacement en cours». «Cela signifie que GEG a décidé de baisser notre chauffage d'environ un degré pendant environ cinq minutes. Cela ne change rien à notre confort mais pour l'environnement il y a une vraie incidence», dit-elle. A l'autre bout du réseau, cet effacement multiplié à des centaines de foyers offre à GEG -équivalent local du distributeur d'électricité ERDF-, la possibilité de réduire la consommation totale. L'intérêt est double: à cette heure l'électricité coûte plus cher au fournisseur et une trop forte demande peut entraîner des coupures.

«Un des freins à l'émergence des smart grids, c'est qu'on sent bien le bénéfice collectif qui peut en être tiré mais on ne sait pas comment le quantifier pour l'individuel», admet Olivier Sala, directeur général de GEG. «La valeur créée, c'est une réduction des coûts d'exploitation, une optimisation des investissements. Si sur toute la chaîne, on réduit les coûts, on peut avoir un impact sur la facture commune, donc sur la facture individuelle.» GEG présentera au terme du projet des incitations tarifaires qui encourageraient les citoyens à oeuvrer pour le réseau, souligne Olivier Sala. Il précise cependant que les tarifs de l'énergie relèvent de la compétence de l'Etat et que leur modification devrait passer par voie réglementaire.

Avec Reuters
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