Francéole, devenue le seul fabricant de mâts éoliens métalliques en France, mise sur une progression rapide de son activité en dépit des incertitudes sur le prix de rachat de l'électricité.
Francéole, devenue le seul fabricant de mâts éoliens métalliques en France, mise sur une progression rapide de son activité en dépit des incertitudes sur le prix de rachat de l'électricité. - Jeff Pachoud afp.com

Francéole, devenue le seul fabricant de mâts éoliens métalliques en France, mise sur une progression rapide de son activité en dépit des incertitudes sur le prix de rachat de l'électricité.

Sur le site du Creusot en Saône-et-Loire, les chaudronniers soudeurs font jaillir des étincelles à intervalles réguliers. L'acier brut est plié, donnant naissance à un cylindre. Hissé sur une potence de soudage, à près de 5 mètres de hauteur, un ouvrier assemble définitivement la tôle. Segment par segment, le mât éolien atteindra jusqu'à 100 m de haut.

Francéole est née fin 2012 de la reprise par Pélican Venture de deux entreprises distinctes: SIAG France, au Creusot, et Céole, à Longvic, près de Dijon. Les deux fabricants de mâts éoliens avaient été placés en redressement judiciaire, menaçant 200 emplois (CDI et intérim) en Bourgogne.

Les comptes de ces sociétés étaient minés par le recul du marché de l'éolien, notamment en raison de l'incertitude sur le tarif d'achat de l'électricité éolienne terrestre par EDF, un prix fixé par arrêté ministériel.

Cet arrêté étant contesté par un collectif anti-éolien, de nombreux projets sont gelés en attendant que la Cour de justice européenne donne son avis.

«Il faut que ça aille très vite, sauf à détruire la filière éolienne francaise. Sinon, notre projet de reprise ne pourra pas prospérer», a mis en garde Jean-Pierre Gorgé, président de Pélican Venture et de Francéole, lors d'une visite vendredi du ministre du redressement productif Arnaud mobtebourg.

«La réussite d'une entreprise comme Gorgé dans l'éolien est extrêmement dépendante du marché, et du marché français d'abord», a poursuivi Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables.

«Tant que cette incertitude (sur le prix de rachat) n'est pas levée, les déclarations des ministres, ça ne suffit pas aux banquiers», a-t-il ajouté devant M. Montebourg.

«le gouvernement n'a aucune crainte sur le verdict à Bruxelles», a répondu ce dernier.

Franceole, qui a salué des «propos revigorants», veut croire à un rebond du marché «dès 2013, une fois l'incertitude sur les prix de rachat levée». Le groupe entend alors «devenir incontournable sur le marché français des éoliennes terrestres».

Il y a de la marge: 30% des mâts érigés en France sont fabriqués sur place. Le reste vient d'Allemagne et d'Espagne.

«Notre objectif est qu'un mat sur deux au moins soit d'origine française», a avancé Jean-Pierre Gorgé.

«vous voyez qu'on peut faire progresser le +made in France+», a lance M. Montebourg à l'assistance.

Le ministre promouvait l'éolien trois jours après avoir, toujours en Bourgogne, réaffirmé son soutien à la filière nucléaire en actant la création d'un Fonds de modernisation des entreprises nucléaires (FMEN) doté d'environ 130 millions d'euros, qui investira dans les PME du secteur pour les aider à exporter.

«c'est le mix énergétique», a justifié le ministre, critiqué pour son soutien au nucléaire dans des tags tracés dans la nuit de jeudi à vendredi le long de son parcours au Creusot.

M. Montebourg l'a martelé vendredi: «Le gouvernement continue à soutenir la filière nucléaire, qui exporte et qui recrute, et les autres filières qui ne sont pas là pour se substituer mais pour compléter».

«Si on peut vendre des éoliennes en meme temps que des EPR on sera fier et ravi», a-t-il conclu.

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé