Ondes électromagnétiques: «Peurs irrationnelles» ou danger pour la santé?

SANTE Alors que la proposition de loi des députés écologistes sera examinée ce jeudi à l'Assemblée nationale, le point sur ce que l'on sait et ce que l'on ignore sur les risques sanitaires des ondes...

Audrey Chauvet, avec Lucie Romano

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Une personne utilise son téléphone portable, le 15 septembre 2006 place de la Concorde à Paris.

Une personne utilise son téléphone portable, le 15 septembre 2006 place de la Concorde à Paris. — AFP PHOTO/FRED DUFOUR

Les enjeux économiques sont immenses, mais les risques sanitaires pourraient l’être aussi. Alors que la 4G arrive à Paris, une proposition de loi émanant des députés écologistes est débattue ce jeudi à l’Assemblée nationale. Elle vise à instaurer un principe de précaution pour limiter les impacts potentiels des réseaux téléphoniques, Wifi, 3G et bientôt 4G. Dès les premiers débats parlementaires, Fleur Pellerin, ministre à l’Economie numérique, a défendu les ondes, arguant qu'il n’était «pas question de jouer avec des peurs irrationnelles». Mais que sait-on réellement des risques des ondes sur la santé?

Pas de preuves formelles de nocivité

«Nous sommes en pleine controverse scientifique, confie à 20 Minutes Patrice Halimi, médecin et secrétaire général de l’Association santé environnement France (Asef). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment qualifié les ondes électromagnétiques de "peut-être cancérigènes" pour l’être humain. Mais il y a un faisceau de signes qui devraient au moins provoquer un ralentissement du déploiement de ces ondes.»

Parmi ces faisceaux, on peut citer pas moins de 1.800 études internationales compilées dans le rapport BioInitiative 2012, publié le 7 janvier dernier.  Risques de tumeurs cérébrales, de leucémies, de ralentissement du développement des fœtus, de baisse de la fertilité masculine… Les ondes seraient un fléau à combattre à en croire ce rapport: «Il n’y a désormais plus de doute possible. Il devient urgent que les pouvoirs publics agissent», juge Etienne Cendrier, porte-parole de l’association Robin des toits, qui milite contre les antennes-relais.

Des «interrogations demeurent sur les effets à long terme»

Toutefois, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estimait lors de la première édition du rapport BioInitiative en 2007 qu’il fallait le prendre avec des pincettes: «Il ne correspond pas à une expertise collective et est écrit sur un registre militant.» L’Anses, très prudente, indique pour sa part que les données issues de la recherche expérimentale et les données épidémiologiques n'indiquent pas d'effets sanitaires de l'exposition aux radiofréquences, bien que «Des interrogations demeurent pour les effets à long terme, même si aucun mécanisme biologique analysé ne plaide actuellement en faveur de cette hypothèse». L’agence rappelle néanmoins que «dès lors qu'une exposition environnementale peut être réduite, cette réduction doit être envisagée».

Cela pourrait passer par l’interdiction du WiFi dans les écoles, un meilleur encadrement des installations d’antennes-relais et l’abaissement du seuil d’émission, actuellement de 41 volts/m, comme proposé par l’ASEF et la députée écologiste du Val-de-Marne Laurence Abeille. Malgré tout, la Fédération française des télécoms insiste sur le fait que «les agences publiques d’expertise indiquent qu’il n’existe aucune preuve scientifique d’un danger pour la santé lorsque l’exposition aux ondes radio est inférieure aux seuils recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)».

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