Nicolas Hulot, lors d'un déplacement à Fervaches, le 4 juillet 2011.
Nicolas Hulot, lors d'un déplacement à Fervaches, le 4 juillet 2011. - K. TRIBOUILLARD / AFP

Une Fondation ne suffit pas. Nicolas Hulot, «l’envoyé spécial pour la protection de la planète» du gouvernement Hollande, a lancé ce mercredi son «think tank», un «laboratoire d’idées innovantes, apolitique et indépendant dédié à l’écologie». Autour d’un comité scientifique rassemblant une quarantaine d’experts, ce laboratoire devrait accoucher d’études, notes et rapports pour «placer la transition énergétique au cœur de l’action publique et privée».

Pour mener toutes ces réflexions, on retrouve les têtes de la Fondation: Hulot lui-même, même si «en état d’épuisement, il a dû arrêter toute activité» et n’était pas présent à la soirée de lancement ce mercredi soir,  Dominique Bourg et Cécile Ostria. Cette dernière assure que le think tank «ne remplace pas la Fondation»: «Cela restructure et donne plus de force pour travailler en réseau», explique-t-elle à 20 Minutes lors de la soirée de lancement à laquelle tous le «réseau» était convié. Les sponsors sont aussi les mêmes que ceux de la Fondation: TF1 et EDF arrivent en bonne tête des financeurs du laboratoire.

«Donner envie d’un futur durable»

Le Conseil scientifique du «think tank» devrait néanmoins «être le garant de la qualité et de la rigueur scientifique des travaux». Il réunira des personnalités diverses, de l’écolo-économiste Alain Grandjean au chercheur au Muséum national d’histoire naturelle Pierre-Henri Gouyon, en passant par les voix de France Inter Jean-Claude Ameisen et Bernard Maris. Tout ce beau monde discutera avec des ONG, des syndicats, des entreprises… pour «porter ce travail en lobby d’intérêt général», explique Cécile Ostria. Et peu importe le contexte politique, assure-t-elle: «Nous sommes toujours dans un marasme lié à la crise économique avec des problématiques urgentes comme le chômage, mais nous ne nous positionnons pas à court terme. Nous voulons donner envie d’un futur durable.»

Un futur dans lequel Nicolas Hulot aurait à nouveau un rôle politique? Son statut d’envoyé spécial du gouvernement, qu’il définissait lui-même comme une «mission internationale diplomatique qui s'inscrit dans la tradition universaliste de la France», reste flou. Son divorce d’avec Europe Ecologie-Les Verts l’a semble-t-il définitivement vacciné de l’écologie politique, malgré la présence à la soirée de lancement du think tank de Pascal Durand, secrétaire national d’EELV et ancien soutien de Hulot, venu «en ami». Nicolas Hulot a du mal à se trouver une place durable dans le paysage de l’écologie.

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