L'Union nationale de l'Apiculture française a demandé jeudi le retrait du marché des pesticides épinglés par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), affirmant qu'il en allait de la "survie des abeilles et des pollinisateurs sauvages" essentiels pour la production alimentaire.
L'Union nationale de l'Apiculture française a demandé jeudi le retrait du marché des pesticides épinglés par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), affirmant qu'il en allait de la "survie des abeilles et des pollinisateurs sauvages" essentiels pour la production alimentaire. - Frank Perry afp.com

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L'Union nationale de l'Apiculture française (UNAF) a demandé jeudi le retrait du marché des pesticides épinglés par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), affirmant qu'il en allait de la «survie des abeilles et des pollinisateurs sauvages» essentiels pour la production alimentaire. «L'EFSA affirme que l'utilisation» de trois types d'insecticides «sur les cultures attractives pour les abeilles est inacceptable», ce qui exclut que ces molécules «demeurent légalement sur le marché», écrit l'UNAF dans un communiqué. Le président de l'UNAF, Olivier Belval, appelle la Commission européenne «à rayer ces substances actives de la liste d'autorisation sur le territoire de l'Union» et le gouvernement français à «prendre sans délai les décisions qui s'imposent».

Des risques aigus pour les abeilles

Dans un avis rendu mercredi, l'EFSA a mis en avant des «risques» parfois «aigus» pour les abeilles, liés à l'utilisation de trois types de substances présentes dans les pesticides produits par le groupe allemand Bayer et le suisse Syngenta. La Commission européenne a jugé ces conclusions «inquiétantes» et annoncé qu'elle allait «prendre les mesures qui s'imposent». Des Etats membres ont déjà pris des mesures au plan national, dont la France qui a retiré, le 29 juillet, l'autorisation de mise sur le marché (AMM) du Cruiser OSR utilisé en traitement de semence pour le colza. Reste son usage pour le maïs qui, bien que contesté, n'a pas été à ce stade définitivement banni. L'UNAF «rappelle qu'il y va de la survie des abeilles et des pollinisateurs sauvages, dont l'activité se traduit au plan économique par des services évalués au niveau mondial à 153 milliards d'euros», soit 9,5% de la valeur de la production mondiale de produits agricoles.

Depuis plusieurs années, les abeilles des pays industrialisés de l'hémisphère nord sont frappées par une forte mortalité, appelée «syndrome d'effondrement des colonies», qui peut atteindre jusqu'à 85%. Les experts mettent en avant une multiplicité de facteurs explicatifs, comme l'emploi des pesticides mais aussi les parasites acariens de type Varroa, perte de la biodiversité.... Cette mortalité pourrait avoir de graves conséquences, dans la mesure où un tiers du tonnage de l'alimentation mondiale dépend de l'activité pollinisatrice des abeilles.