Pic de pollution à Pékin le 14 janvier 2013.
Pic de pollution à Pékin le 14 janvier 2013. - Alexander F. Yuan/AP/SIPA

Un brouillard épais recouvrait Pékin ce dimanche, pour le troisième jour consécutif, résultat d’un épisode de pollution sans précédent dans la capitale chinoise. Bien qu’habituée à de hauts niveaux de particules fines dans l’air, la ville de Pékin n’avait jamais atteint de tels sommets: certaines stations de mesure de la pollution de l’air ont enregistré un niveau de concentration de particules fines PM2,5 (dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres) de 500 microgrammes par mètre cube d’air en moyenne et jusqu’à 993 microgrammes samedi soir.  En France, on considère qu’un fort épisode de pollution est atteint à 50 microgrammes.

Des chantiers suspendus

«Ces chiffres indiquent une pollution extrêmement grave. Les polluants se sont accumulés progressivement au cours des derniers jours sans vent, aggravant la pollution de l'air», a reconnu Zhu Tong, professeur de la faculté des sciences et d'ingénierie de l'environnement de l'Université de Pékin. Et les prévisions météorologiques ne sont pas optimistes: les Pékinois devraient attendre mercredi pour que le vent tourne en leur faveur.

Les autorités ont décrété des «mesures d’intervention d’urgence» et ont envoyé des équipes d’inspection dans les zones de la ville soumises à des mesures de réduction de la pollution. Les activités sportives en plein air ont été interdites pour les scolaires et le sujet semble avoir été pris au sérieux également dans le secteur économique. Certains chantiers de construction ont été suspendus: 28 sites et 54 entreprises ont accepté de cesser leur activité pour réduire leurs émissions de polluants. L’usine Hyundai Motor de Pékin s’est également arrêtée de tourner ce dimanche, assure le Bureau municipal de la protection environnementale de la ville.

Les régions voisines en cause

Les mesures de pollution en Chine, publiées depuis peu de temps, sont soupçonnées de sous-estimation, mais il semble cette fois que le niveau de la pollution soit alarmant, toutes sources confondues: l’ambassade des Etats-Unis à Pékin a ainsi confirmé que le dernier record enregistré, de 886 microgrammes par mètre cube, avait été dépassé. Un niveau de pollution trente fois supérieur à celui que l’Organisation mondiale de la santé estime sans risque pour la santé.

Pour faire face à ce brouillard, les Pékinois ont sorti les masques et échangent leurs impressions et leur indignation sur les réseaux sociaux. L’artiste Ai Wei Wei a ainsi posté sur Twitter une photo de lui paré d’un masque à gaz. Pour Zhou Rong, membre de Greenpeace, il faudra «plus d’une génération pour nettoyer Pékin», mais le plus inquiétant est peut-être que certaines régions chinoises n’ont pas du tout le projet de freiner l’exploitation du charbon, gros émetteur de particules polluantes. «Je parie que la pollution à Pékin provient principalement de ces régions voisines», pense Zhou Rong. 

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