Illustration fruits et légumes.
Illustration fruits et légumes. - VINCENT WARTNER / 20 MINUTES

Bonne nouvelle selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF): sur 3.775 échantillons alimentaires testés en 2010, seul 1,5% dépassent les limites maximales de résidus de pesticides, contre 3% en 2009.Moitié moins, voilà une annonce qui devrait réjouir les associations militant contre les produits phytosanitaires. Malheureusement, la note d’information de la DGCCRF n’a pas convaincu Générations futures, qui dénonce un «tour de passe-passe» de la DG Sanco (Direction générale santé-consommation européenne) dont les règles d’analyse sont appliquées par la France.

Pour déterminer les quantités de pesticides contenues dans les aliments, la DG Sanco dispose de règles mathématiques destinées à prendre en compte les écarts possibles entre différents laboratoires et les incertitudes analytiques. Ainsi, si on relève 2mg de résidus de pesticides dans une courgette, la DG Sanco estime qu’elle contient en réalité entre 1mg et 3mg. Or, pour comparer ces mesures aux limites maximales de résidus tolérées (LMR), la DG Sanco prend comme référence la limite basse, soit 1mg dans l’exemple de la courgette.

Une «machine à diviser par deux»

Une méthode qui a fait bondir l’association Générations futures: «En matière de LMR pour les pesticides, la DG Sanco a inventé la machine à diviser par deux les quantités de pesticides retrouvées dans les aliments! Cela revient dans les faits à doubler la tolérance par rapport aux résidus de pesticides et à exposer la population européenne à des quantités toujours plus grandes de ces produits toxiques dans leur alimentation, ce qui est un pur scandale», s’indigne François Veillerette, porte-parole de l’association.

Les chiffres publiés par la DGCCRF seraient donc à prendre avec des gants. Tout comme les fruits et légumes, dont 41,1% des échantillons contenaient des «résidus détectables», indique la note d’information 2012-105. Et ce chiffre-là, sans contestation, est en hausse: seuls 39,4% des échantillons testés en 2009 avaient révélé la présence de résidus de pesticides. Contactée par 20 Minutes, la DGCCRF a déclaré ne pas s’exprimer sur le sujet.

 

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