Une exposition sur la biodiversité se tient dans les jardins du Trocadéro à Paris
Une exposition sur la biodiversité se tient dans les jardins du Trocadéro à Paris - A. FREINDORF / 20 MINUTES

Audrey Chauvet

Les petites bêtes et les belles plantes vont avoir leur agence. Ce mardi, la ministre de l’Ecologie a donné le coup d’envoi de la création de l’Agence nationale de la biodiversité promise par François Hollande lors de la conférence environnementale en septembre. Delphine Batho a nommé deux «préfigurateurs» qui seront chargés «d’analyser les missions susceptibles d’être confiées à l’Agence, dans le domaine de la biodiversité terrestre et marine».

Une Ademe de la biodiversité

Jean-Marc Michel, ingénieur en aménagement et environnement, et Bernard Chevassus-au-Louis, inspecteur général de l’Agriculture, vont devoir «proposer les missions, le périmètre et les moyens de cette agence». Pour Christophe Aubel, directeur de l’association Humanité et biodiversité, l’agence nationale de la biodiversité devrait être une «agence opérationnelle qui puisse mettre en œuvre les politiques publiques en faveur de la biodiversité et aider les collectivités territoriales, les entreprises ou les associations à en faire autant».

Le modèle de l’agence pourrait ainsi être l’Ademe, qui œuvre dans le domaine du climat et de l’énergie: «Lorsqu’un maire veut lutter contre le réchauffement climatique, il va voir l’Ademe, s’il veut faire quelque chose dans le domaine de l’eau, il peut consulter les agences de l’eau, mais pour la biodiversité, il n’y avait pas encore d’interlocuteur», illustre Christophe Aubel.

«Le bitume paierait pour la biodiversité»

Lors de l’annonce de sa création, le Président de la République avait cité comme priorités de l’agence la limitation de l'artificialisation des sols, le développement d'un nouveau modèle agricole, la réduction de l'usage des pesticides et la préservation de la biodiversité marine. Le ministère de l’Ecologie a précisé ce mardi que «la première raison d’être de l’agence sera de développer, grâce à des moyens renforcés, un outil indispensable en termes de connaissance. La deuxième mission de l’Agence doit être de favoriser, d’accompagner et de développer l’ensemble des actions concrètes, opérationnelles, partout en France, qu’il s’agisse de la biodiversité extraordinaire, protégée sur des sites remarquables, ou de la biodiversité ordinaire, sur l’ensemble du territoire grâce notamment à la création de continuités écologiques».

Christophe Aubel estime que l’agence pourra aussi «faire progresser le sujet dans l’opinion publique»: «Nous allons tout faire pour que cette agence ait de l’ambition, un périmètre et une taille suffisants, et que sa gouvernance soit partagée entre tous les acteurs. Les associations doivent en faire partie car elles sont actives pour la sensibilisation et d’action sur le terrain.» Pour cela, il faudra aussi des moyens financiers: «Il faut créer une ressource financière, à l’image de la part de TGAP qui a été confiée à l’Ademe, recommande Christophe Aubel. La commission sur la fiscalité écologique se met en place, il faut en faire un chantier prioritaire.» L’artificialisation des sols pourrait par exemple être taxée pour financer des projets de sauvegarde des écosystèmes: «Le bitume paierait pour la biodiversité», espère le directeur d’Humanité et biodiversité.