Les antinucléaires demandent l'arrêt immédiat de la centrale de Fessenheim

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Publié le 22 novembre 2012.

NUCLEAIRE - François Hollande s'est engagé à fermer la centrale alsacienne à la fin 2016...

Le réseau Sortir du nucléaire et des associations locales antinucléaires demandent l'arrêt immédiat et définitif des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) dans une lettre ouverte envoyée mercredi à François Hollande et Delphine Batho, la ministre de l'Ecologie, et rendue publique jeudi. «Souhaitez-vous appartenir au gouvernement de l'accident?», interpellent les associations. «Vous avez le pouvoir et le devoir de prendre les mesures d'urgence nécessaires pour arrêter immédiatement et définitivement les deux réacteurs de Fessenheim», écrivent les associations.

Fessenheim, un «poignard au coeur de l'Europe»

«C'était une promesse du candidat Hollande», a rappelé Laura Hameaux, chargée de campagne du Réseau sortir du nucléaire, en préambule d'une conférence de presse jeudi. «Fessenheim, c'est tout un symbole, cette centrale est emblématique de la sortie du nucléaire», a-t-elle ajouté, dénonçant un «tas de contre-vérités et de manœuvres pour retarder ou empêcher sa fermeture». Elle a fustigé l'action de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui «outrepasse son rôle de gendarme du nucléaire et fait pression sur l'exécutif pour que François Hollande ne ferme pas cette centrale».

Jean-Louis Basdevant, professeur honoraire à Polytechnique et spécialiste du nucléaire, a pour sa part dressé un parallèle avec la catastrophe de Fukushima qui a eu lieu au Japon en mars 2011. «On va à la catastrophe en France si on ne ferme pas Fessenheim», assure-t-il. Pour lui, la centrale «est un véritable poignard au cœur de l'Europe», dans la mesure où elle est placée au-dessus de «la plus grande nappe phréatique de France» et sur une «zone sismique». Et d'ajouter qu'en cas d'accident, «il y a des risques de polluer la vallée du Rhin entre Bâle et la mer du Nord». Un accident dans le grand Canal d'Alsace qui coule à côté de la centrale, «peut noyer les installations et provoquer une panne» avec des conséquences «gravissimes», similaires à la catastrophe de Fukushima, a-t-il expliqué.

Trois fois plus d'incidents à Fessenheim

André Hatz, porte-parole de l'association Stop Fessenheim, a lui aussi listé les dysfonctionnements de la centrale: «une résistance insuffisante des réacteurs», «une grande vulnérabilité des piscines de combustibles», des «risques de rupture des deux barrages» en cas de tremblement de terre, de chute d'avion ou d'attentat. Il a affirmé qu'à Fessenheim, il y avait «trois fois plus d'incidents que la moyenne des centrales en France». Sur sept ans, «on a compté 202 incidents contre 77 sur la moyenne nationale», a-t-il énuméré, citant des chiffres de l’ASN. Et de dénoncer aussi des «aberrations financières et des travaux inutiles et coûteux» qui ont été entrepris dans la sécurisation de Fessenheim.

Au total, «448 élus d'Alsace ont lancé un appel solennel au président de la République et 154 collectivités ont voté des motions», a-t-il déclaré. Même si localement, ceux qui travaillent et vivent près de la centrale refusent sa fermeture. «On est dans une situation de déni. Mais petit à petit, un revirement se fait. Dans la population de plus en plus se posent de questions», a-t-il assuré.

François Hollande avait confirmé la fermeture de Fessenheim pour la fin 2016 lors de la conférence environnementale le 14 septembre dernier. «La centrale de Fessenheim, qui est la plus ancienne de notre parc, sera fermée à la fin de l'année 2016, dans des conditions qui garantiront la sécurité des approvisionnements de cette région, la reconversion du site et la préservation de tous les emplois», avait alors promis le chef de l'Etat. Pendant sa campagne, il s'était engagé à fermer Fessenheim dans le Haut-Rhin d'ici à 2017.

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