Les prix Pinocchio 2012, épinglant des entreprises pour des pratiques néfastes à l'environnement, ont été décernés mardi à un producteur d'agrocarburants, à un projet de recherche de lithium en Argentine et au groupe Areva pour l'impact des mines d'uranium en Afrique.
Les prix Pinocchio 2012, épinglant des entreprises pour des pratiques néfastes à l'environnement, ont été décernés mardi à un producteur d'agrocarburants, à un projet de recherche de lithium en Argentine et au groupe Areva pour l'impact des mines d'uranium en Afrique. - Filippo Monteforte afp.com

© 2012 AFP

Les prix Pinocchio 2012, épinglant des entreprises pour des pratiques néfastes à l'environnement, ont été décernés mardi à un producteur d'agrocarburants, à un projet de recherche de lithium en Argentine et au groupe Areva pour l'impact des mines d'uranium en Afrique.

Plus de 17.000 internautes - soit 4.000 de plus qu'en 2011 et près de trois fois plus qu'en 2010 - ont désigné les "lauréats" de cette cinquième édition, ont indiqué les collectifs Amis de la Terre, le CRID (Centre de recherche et d'information pour le développement) et Peuples Solidaires.

"C'est l'édition qui a eu le plus de votants, ça montre que les Pinocchio commencent à avoir un impact", se réjouit Romain Porcheron, des Amis de la Terre.

Dans la catégorie "Mains sales, poches pleines" visant "l'opacité et le lobbying" des entreprises, les internautes ont retenu Areva. L'ONG estime que le groupe "refus(e) de reconnaître sa responsabilité dans la dégradation des conditions de vie des populations vivant à proximité de ses mines d'uranium en Afrique".

Une accusation qui a été rejetée par Areva dans un communiqué à l'AFP.

"Areva applique aux mines du Niger les plus hauts standards internationaux de sûreté, de sécurité et de surveillance de l'environnement. Le taux de fréquence d'accidents dans les mines d'Areva au Niger est vingt fois inférieur à celui de l'industrie française", a défendu le groupe, qui exploite deux sites miniers au Niger.

Le groupe a par ailleurs précisé travailler depuis 2007 avec des médecins indépendants, pour assurer le suivi post-professionnel de ses anciens salariés et des populations vivant à proximité des sites miniers.

Au rayon publicité (prix "Plus vert que vert"), les internautes ont épinglé la marque d'huile Lesieur pour une campagne "Aidons l'Afrique". Dans le cadre de cette opération, 70 tonnes d'huile végétale, "une denrée d'urgence humanitaire", ont été envoyées dans la Corne de l'Afrique, indique le site du fabricant.

"Pourtant, Lesieur, via sa maison mère Sofiprotéol, est l'un des plus importants producteur et promoteur de l'industrie des agrocarburants", dénoncent les Amis de la Terre, avançant le rôle majeur joué par les politiques de soutien aux agrocarburants dans la hausse des prix alimentaires.

Un projet d'exploitation de lithium en Argentine lancé en 2010 par les groupes Bolloré et Eramet a pour sa part reçu le prix "Une pour tous, tout pour moi" dénonçant la surexploitation des ressources naturelles.

Des communautés indigènes, "s'estimant lésées dans leurs droits à être consultées", ont déposé plainte "devant la Cour suprême d'Argentine à l'encontre des gouvernements locaux", selon les Amis de la Terre

L'ONG précise néanmoins avoir été contactée par le groupe minier Eramet, qui "conteste un certain nombre d'informations" et affirme s'être retiré du projet en novembre 2011.