Au musée des toilettes de New Delhi, Inde, le 27 octobre 2007.
Au musée des toilettes de New Delhi, Inde, le 27 octobre 2007. - AFP

Propos recueillis par Audrey Chauvet

Il y a des sujets plus difficiles que d’autres à aborder. Les toilettes par exemple: Jack Sim, fondateur de l’Organisation mondiale des toilettes, a beau répéter que le manque d’accès à l’assainissement fait des millions de victimes chaque année, le petit coin reste tabou. La journée mondiale des toilettes, ce 19 novembre, est l’occasion de rappeler que 40% de la population mondiale n’a pas accès à des toilettes décentes et que près de 2 millions de personnes meurent chaque année de maladies banales, comme la diarrhée.

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Pourquoi avoir créé cette Organisation mondiale des toilettes?

En 2001, personne n’était très à l’aise avec ce sujet. On parlait du problème de l’eau, mais pas de l’assainissement. Lorsque nous avons créé l’Organisation mondiale des toilettes, les gens ont commencé à y prêter attention et à être moins timides pour en parler. Il fallait changer le regard que les gens portent sur le sujet: avant, les gens s’achetaient un téléphone portable avant d’équiper leur maison en toilettes. Aujourd’hui, avoir des toilettes est devenu un signe de richesse.

La Journée mondiale des toilettes a-t-elle joué un rôle important dans ce changement?

La Journée du 19 novembre a permis à chacun de saisir du sujet et de lancer des actions comme installer des toilettes sur les places des villes, organiser un festival, des expositions de photos… Cela a permis d’attirer l’attention des gouvernements, des ONG et des Nations unies, jusqu’à Bill Gates qui, avec sa fondation, a lancé un concours pour inventer les toilettes de demain.

Avez-vous constaté des améliorations dans l’accès aux toilettes depuis dix ans?

Depuis 2001, le nombre de gens qui n’avaient pas accès aux toilettes augmentait constamment. Aujourd’hui, il commence à diminuer lentement car des solutions sont proposées, notamment avec les «sanishops». Nous pensons que donner des toilettes aux gens n’est pas une solution viable, il vaut mieux leur apprendre à en fabriquer, en installer et qu’ils développent un business qui leur permet de vivre. Les Sanishops sont des franchises qui permettent de développer toute la chaîne de production des toilettes et de former des gens. Nous en avons implanté au Cambodge, en Inde, au Vietnam...