L'ancienne présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, lors d'une interview à Paris en mai 2011.
L'ancienne présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, lors d'une interview à Paris en mai 2011.

C.P. avec Reuters

Un débat électrique avant même d’avoir commencé. Le quotidien Le Monde dans son édition de dimanche-lundi dévoile la composition du comité de pilotage du futur débat national sur la transition énergétique.

«Une bonne alchimie», pour Delphine Batho

Parmi les personnalités retenues par le gouvernement : l'ex-présidente du directoire du groupe Areva, Anne Lauvergeon, et un ancien responsable de Greenpeace France, Bruno Rebelle, universitaire spécialiste du développement durable, Laurence Tubiana, le climatologue Jean Jouzel et le président du conseil d'administration de l'équipementier automobile Valeo, Pascal Colombani, qui a dirigé le Commissariat à l'énergie atomique de 1999 à 2002.

«Ce comité est une bonne alchimie», a déclaré au Monde la ministre de l'Ecologie Delphine Batho, qui présidera le comité. Elle fait valoir que les deux industriels qui y figurent, grands partisans de l'énergie nucléaire, ne dirigent plus de groupes énergétiques.

Greenpeace a réagi néanmoins en se déclarant «scandalisé» par leur choix. «Si Areva et EDF ne sont pas présentes officiellement dans les instances du débat, elles sont certaines d'être bien représentées par Anne Lauvergeon et Pascal Colombani», a déclaré dans un communiqué Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

«La composition de ce comité sonne comme une provocation pour nous, cela nous incite encore plus fortement à nous poser la question de notre participation à ce débat », a-t-il ajouté.

Aucun sujet tabou

Faisant suite à la conférence environnementale réunie à la mi-septembre, le débat sur la transition énergétique s'organisera autour d'une commission nationale réunissant les six collèges parties prenantes : patronat, syndicats, ONG, pouvoirs publics, collectivités territoriales et parlementaires. Une première réunion est prévue le 20 novembre.

Selon Le Monde, le comité de pilotage sera chargé de son animation en veillant « à ce que tous les points de vue puissent s'exprimer et qu'aucun sujet ne soit tabou ». Il s'appuiera pour cela sur un groupe d'experts qui pourrait être animé par l'économiste Alain Grandjean, membre de la Fondation Nicolas Hulot, indique le journal.

Réduire de 75 à 50% la part du nucléaire d’ici 2025

L'objectif qui a été assigné au débat est de déboucher sur un programme pour tenir la promesse de François Hollande de réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans la production électrique française à l'horizon 2025 et de proposer une réforme profonde de la consommation d'énergie, basée sur la «sobriété».

Ses conclusions sont attendues à la fin du printemps, avec un cadrage précis. Le Pacte national de productivité présenté cette semaine prévoit ainsi que le gouvernement «veillera à préserver l'avantage compétitif» que le modèle énergétique français, qui repose largement sur l'énergie nucléaire, procure au tissu productif tout en engageant une transition de celui-ci.