L'association environnementale Robin des Bois a appelé vendredi, à deux jours des commémorations du 11 novembre, à combattre la pollution engendrée par les munitions de la guerre 14-18 toujours enfouies dans les sols du nord-est de la France et de la Belgique.
L'association environnementale Robin des Bois a appelé vendredi, à deux jours des commémorations du 11 novembre, à combattre la pollution engendrée par les munitions de la guerre 14-18 toujours enfouies dans les sols du nord-est de la France et de la Belgique. - Philippe Huguen afp.com

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L'association environnementale Robin des Bois a appelé vendredi, à deux jours des commémorations du 11 novembre, à combattre la pollution engendrée par les munitions de la guerre 14-18 toujours enfouies dans les sols du nord-est de la France et de la Belgique. «Presque un siècle après la guerre, il y a des conséquences environnementales qui portent toujours atteinte à la qualité de vie des gens», a indiqué à l'AFP le président de l'association, Jacky Bonnemains.

Les sels de perchlorates, un danger enfoui

Il pointe en particulier les risques des sels de perchlorates, «abondamment utilisés en tant qu'explosifs dans les obus» et qui, «au fur et à mesure de la dégradation des emballages (des munitions) se dispersent dans le sol et rejoignent les eaux souterraines». Fin octobre, les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont pris des arrêtés de restriction de consommation de l'eau du robinet pour les nourrissons de moins de 6 mois et les femmes enceintes et allaitantes en raison d'une présence trop importante de perchlorates. Près de 550 communes sont concernées. «Cette pollution spécifique pourrait provenir des nombreuses munitions tirées lors de la Première Guerre mondiale, en particulier sur la ligne de front qui se trouvait à la limite entre la plaine de Flandres et le plateau d'Artois», avait indiqué l'Agence régionale de santé du Nord-Pas-de-Calais.

Les perchlorates ne sont pas classés cancérigènes mais peuvent avoir des conséquences sur la croissance ou le développement neurologique des bébés. «Pour la première fois à l'échelle d'un territoire, le lien est établi entre une pollution de l'eau distribuée aux populations et les composants des munitions», estime Robin des Bois dans un communiqué. Selon l'ONG, 500 à 800 tonnes de munitions anciennes sont «découvertes, collectées, regroupées, neutralisées ou entreposées» chaque année sur le territoire français, principalement dans le Nord et dans l'Est. «La répartition des teneurs en perchlorate est directement liée aux lignes de front des combats entre les forces alliées et l'armée allemande. Les teneurs les plus élevées sont observées autour de Lens, Arras et Douai», précise-t-elle. Robin des Bois demande que la recherche des perchlorates dans l'eau «soit étendue à la Picardie, au nord de l'Ile-de-France et à la Belgique» mais aussi le lancement d'un programme de déminage sur «plusieurs décennies».