Des éco-prestataires plutôt qu'un éco-festival?

FESTIVAL Il existe de nombreux labels environnementaux. Pour s'assurer qu'un événement culturel est soucieux de son impact, il est bon de jeter un oeil aux pratiques de ses prestataires...

A.Ga avec L.B

— 

Les gobelets ne suffisent pas à réduire l'empreinte écologique d'un festival.

Les gobelets ne suffisent pas à réduire l'empreinte écologique d'un festival. — A. GALINDO / 20 MINUTES

Suffit-il d’utiliser des gobelets consignés et de placer trois poubelles de tri, des cendriers et une affiche sensibilisatrice tous les trois cent mètres sur le site d’un événement culturel pour le labelliser «écolo»? Pas sûr. Sur place, les bons réflexes des festivaliers, des organisateurs, des artistes ne sont pas les seuls paramètres à prendre en compte et n’ont que peu d’influence sur l’empreinte carbone de l’évènement.

Lorsqu’il s’agit d’un festival important, faisant appel à de multiples prestataires, si l’on tient compte des déplacements et de la logistique, le chiffre peut vite grimper. Et les poubelles vertes, jaunes et bleues n’y changeront pas grand-chose.

Un label pour les prestataires

C'est pourquoi le syndicat national des prestataires de l’audiovisuel scénique et événementiel (Synpase) a décidé de développer le label Prestadd, destiné à certifier les prestataires. «Depuis mai 2011, en partenariat avec Ecocert environnement (un organisme agréé par l’Etat, qui certifie des labels environnementaux, ndlr), il vise à réduire l’empreinte des professionnels du spectacle», explique Charlotte Haroug, chargée du développement durable pour Synpase.

«Il repose sur trois volets, continue Charlotte Haroug: l’environnement, le social et l’économique. Nous envoyons un questionnaire que les prestataires doivent remplir en ligne. Ils uploadent ensuite les justificatifs et s’ils ont la moyenne sur les trois volets, le dossier passe devant une commission d’attribution qui valide les notes et attribue l’agrément pour trois ans.»

A en croire cette responsable, de plus en plus de demandes arrivent sur sa table. Depuis 2011, les deux premières sessions d’attribution ont distribué onze labels. Après la troisième, qui aura lieu le 14 novembre, Synpase table sur une petite dizaine de nouvelles certifications.

 Une tournée à vélo

L’initiative de Synpase n’est évidemment pas isolée, et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a accompagné plusieurs démarches volontaristes. Le collectif pour des événements responsables a par exemple mis en place la plateforme Adere, permettant aux responsables d’événements d’évaluer eux-mêmes leur impact écologique. Encore, elle a accompagné le collectif des festivals engagés pour le développement durable et solidaire en Bretagne, qui tient aussi compte des questions logistiques et de transport.

A leur échelle, certains artistes ont aussi décidé de prendre le taureau par les cornes. La chanteuse Camille a par exemple récemment annoncé vouloir organiser une tournée…à vélo. D’autres misent sur l’originalité, comme le DJ Nas/im et son Solar Sunset. «Le plus important n’est finalement pas la facture d’électricité. C’est de profiter du cadre festif d’un événement pour sensibiliser le public au développement durable.»

>> Retrouvez le dossier spécial Festival du vent par ici

Mots-clés :