Des ours polaires.
Des ours polaires. - Rémy Marion/Pôles d'images

Audrey Chauvet

C’est souvent le premier animal qui vient en tête quand on parle d’espèces menacées. L’ours polaire, victime de la chasse et du réchauffement climatique, est très populaire mais mal connu. Pour mettre les idées sur l’ours au clair, l’Institut océanographique accueille les 22 et 23 octobre le premier colloque en France sur l’ours polaire.

Organisé par Rémy Marion, spécialiste de l’animal, le colloque réunira généticiens, glaciologues et biologistes. «On lit ou entend parfois de graves erreurs, explique Rémy Marion. Par exemple, on dit fréquemment que c’est une espèce en voie de disparition, alors qu’elle est plutôt en danger: la population d’ours polaires risque de chuter brutalement d’ici trente à quarante ans.»

«Un indicateur de la destruction des écosystèmes»

Si les images sanglantes d’ours tués sur la banquise ont marqué les esprits, ce n’est pas la chasse qui leur fait courir le plus grand risque. «Ce qui menace principalement l’ours polaire, c’est son cycle alimentaire qui dépend complètement de la banquise. A cause du réchauffement climatique, elle est de moins en moins épaisse, elle se rétracte et ce sont donc autant de périodes d’alimentation en moins pour l’ours», précise Rémy Marion.

Pour sauver l’ours, il faudrait donc d’abord lutter contre le changement climatique. «L’ours polaire est un animal emblématique, mais certaines espèces subissent plus le réchauffement que lui. Si les ours disparaissent, dans l’absolu ce ne serait pas grave, mais c’est un indicateur de la destruction des écosystèmes.»