La baie des oiseaux en Antarctique, le 9 mars 2008.
La baie des oiseaux en Antarctique, le 9 mars 2008.

Audrey Chauvet

Cet été, on apprenait que l’Arctique avait atteint une superficie historiquement basse. Ce jeudi, des scientifiques américains nous apprennent qu’à l’autre bout du globe, les glaces de l’Antarctique ont elles atteint un record d’expansion: les effets «complexes et surprenants» du changement climatique, selon le US National snow and ice data center du Colorado.

Fin septembre, l’Antarctique a atteint 19,45 millions de km2, un record depuis le début des mesures en 1979. Depuis une trentaine d’années, les scientifiques observent une expansion progressive des glaces au sud, laissant entrevoir un possible refroidissement de cette partie du globe. Cela ne remet toutefois pas en cause les théories du réchauffement climatique: «Cela peut sembler contre-intuitif, mais l’Antarctique prend part au réchauffement aussi», rappelle le Dr Ted Scambos, du National snow and ice data center.

Les vents et la couche d’ozone responsables

L’explication est à chercher du côté des vents: si en Arctique, l’étendue de glace est déterminée par la température de l’air et de la mer, en Antarctique ce sont les courants atmosphériques, notamment leur force et leur direction, qui font et défont la banquise. Les chercheurs pensent que le changement climatique a créé un «mur de vent» qui conserve le froid autour du pôle Sud tandis que le reste du globe se réchauffe. La couche d’ozone joue aussi un rôle: le trou au dessus de l’Antarctique favoriserait les vents d’ouest, qui feraient baisser les températures.

Mais au total, la balance penche plutôt du côté du réchauffement: quand l’Antarctique gagne 1km2 de glace, l’Arctique en perd 5,7.