Hyderabad, une conférence pour sauver la biodiversité?

2 contributions
Publié le 8 octobre 2012.

BIODIVERSITE - Les Nations unies ont rassemblé les représentants de 193 pays en Inde pour trouver des solutions à l'extinction des espèces...

Face aux échecs répétés des sommets internationaux sur le climat, la conférence de Nagoya sur la biodiversité, en octobre 2010, fait figure de succès. Les 200 pays réunis par les Nations unies avaient alors réussi à se mettre d’accord sur un plan de préservation de la biodiversité, afin de freiner l’extinction des espèces animales et végétales. Ce lundi s’ouvre à Hyderabad, en Inde, la onzième  réunion de la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui devra donner une suite aux engagements de Nagoya.

Seulement cinq ratifications

Le principal objectif de la conférence d’Hyderabad sera de faire ratifier le protocole «sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation» adopté à Nagoya. Ce protocole doit permettre d’éviter la «biopiraterie», autrement dit le pillage des ressources naturelles du Sud à des fins industrielles dans les pays du Nord. Avant que le texte ne puisse entrer en vigueur, il faut que cinquante pays le ratifient, or aujourd’hui seulement cinq l’ont fait.

Il faudra ensuite se pencher sur sa mise en œuvre: comment assurer que les pays fournisseurs de ressources génétiques seront équitablement rétribués? Quels financements pourront être mobilisés? La question des ressources, «qui constituait le point d’accord le plus précaire à Nagoya, fragilise aujourd’hui l’ensemble du deal initial dans un contexte de crise qui ne fait que renforcer les tensions sur un sujet toujours sensible», estime l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) dans une note de synthèse. 

Un plan en vingt points… à mettre en œuvre

Autre point délicat, le plan stratégique adopté à Nagoya qui doit, d’ici à 2020, permettre de «guider les efforts nationaux et internationaux de protection de la biodiversité­». Comprenant vingt objectifs, dont celui de protéger 17% des zones terrestres et 10% des zones marines et côtières, il doit maintenant se décliner en plans d’action concrets. «Hyderabad sera l’occasion d’examiner les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Plan stratégique, notamment via la création d’objectifs nationaux», estime l’Iddri. D’après le WWF, seulement quatorze pays sur 193 ont pris en compte le plan défini à Nagoya dans leurs politiques nationales. On estime qu’à l’heure actuelle, seulement 12,7% des zones terrestres et 1,6% des zones marines sont protégées.

Mais là encore, c’est au niveau du porte-monnaie que ça risque de coincer: «La mise en œuvre nécessaire à l'atteinte du Plan stratégique de Nagoya dans les pays en développement nécessiterait entre 74 et 191 milliards par an», estime l’Iddri. «Oui, nous sommes confrontés à une crise financière, mais les périodes de crise sont les meilleures occasions pour opérer des changements significatifs dans la façon dont nous agissons», a rappelé le directeur exécutif de la CDB, Braulio Ferreira de Souza Dias, lors de l’ouverture de la conférence ce lundi. Crise financière contre crise d’extinction des espèces: la communauté internationale va devoir choisir son camp. 

Audrey Chauvet
Newsletter
HIGH-TECH

Recevez une fois
par semaine
toute l'actualité high-tech

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr