De Brice Lalonde à Jean-Louis Etienne ou Maud Fontenoy, des personnalités fortement concernées par l'environnement, interrogées par l'AFP à l'approche de la conférence environnementale, estiment qu'il y a "urgence" à remettre l'écologie au coeur des préoccupations.
De Brice Lalonde à Jean-Louis Etienne ou Maud Fontenoy, des personnalités fortement concernées par l'environnement, interrogées par l'AFP à l'approche de la conférence environnementale, estiment qu'il y a "urgence" à remettre l'écologie au coeur des préoccupations. - Antonio Scorza afp.com

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De Brice Lalonde à Jean-Louis Etienne ou Maud Fontenoy, des personnalités fortement concernées par l'environnement, interrogées par l'AFP à l'approche de la conférence environnementale, estiment qu'il y a "urgence" à remettre l'écologie au coeur des préoccupations.

Brice Lalonde, ancien ministre de l'Environnement.

"La conférence environnementale doit répondre à la question centrale du progrès. La +croissance à tout prix+ est-elle la seule solution au chômage et à l'endettement ? +L'écologie+ peut-elle aider la France à sortir du brouillard ? Voilà l'urgence. C'est vrai pour la France comme pour beaucoup d'autres pays".

Pierre Rabhi, pionnier de l'agroécologie et écrivain.

"Je n'attends pas grand-chose de ces grand-messes. C'est par défaut qu'on a recours à la politique pour l'écologie, alors que l'écologie cela vous concerne vous, moi, la droite comme la gauche. Aujourd'hui il faut évidemment être sur le terrain. On ne peut pas changer les choses à coup de beaux exposés. Nous percevons la planète comme un gisement de ressources qu'il faut transformer en dollars et épuiser jusqu'au dernier poisson et au dernier arbre, au lieu de la voir comme une oasis extraordinaire où nous pourrions créer une vie qui a plus de sens et plus de saveur. Il faut réformer l'agriculture, on ne peut avoir un système qui, sous le prétexte de produire, détruit et pollue en même temps."

Paul François, agriculteur intoxiqué par un pesticide de Monsanto.

"Dans ces périodes de crise, on oublie l'environnement, on croit que ce sont des écolo-bobos qui rêvent de vélo, de petites voitures, d'espace, alors que l'environnement c'est tout simplement notre avenir, notre santé. Nous, agriculteurs, devons revenir aux fondamentaux de notre métier: la nature est un partenaire, on doit la respecter parce qu'elle nous rappellera à l'ordre. Si le monde agricole ne s'intéresse pas à l'environnement, qui va s'y intéresser ? Il faut qu'il reprenne la main sur ce sujet important, aucune autre profession ne travaille autant sur le monde végétal et animal."

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement.

"Il faut comprendre qu'économie et écologie doivent être mariées: pour n'avoir pas compris cela, on envoie à la casse nos filières industrielles, comme celle des automobiles. J'attends de la conférence des mesures concrètes notamment sur la transition énergétique, qui ne se résume pas à la fermeture de Fessenheim."

Jean-Marie Pelt, botaniste.

"Il est urgent de réaffirmer la place prioritaire de l'écologie et j'espère que la conférence environnementale en sera l'occasion. L'écologie a été très peu présente dans la campagne électorale et les récentes déclarations de certains membres du gouvernement, comme Arnaud Montebourg, semblent ne pas la placer en haut des priorités. Il y a trois principales priorités: ne pas rouvrir le dossier des gaz de schiste, faire sauter les freins au développement des énergies renouvelables et s'atteler davantage aux liens entre la santé et l'environnement".

Jean-Louis Etienne, médecin et explorateur.

"L'énergie, c'est l'équation du siècle. Comment va-t-on faire face à cette équation ? La réponse est difficile car quand on touche à l'énergie, on touche à la souveraineté des Etats et à nos libertés individuelles. Je vois trois niveaux d'action: le plus accessible, c'est faire des économies. L'isolation thermique est un levier colossal, qui a un retour sur investissement rapide, notamment pour les entreprises. Ensuite les énergies renouvelables: c'est une ressource extraordinaire mais qui ne pourra pas faire tourner le monde. Enfin, l'atome: il faut continuer la recherche pour les réacteurs de 4e génération (Iter)."

Maud Fontenoy, navigatrice.

"L'urgence aujourd'hui, c'est la préservation des océans et l'éducation à la préservation des océans. L'érosion de la biodiversité est une des priorités du gouvernement, elle est complètement liée à l'avenir des océans. J'attends de la conférence environnementale une prise de position sur les enjeux que représentent les océans, sur les moyens à mettre en oeuvre pour les protéger, sur la pêche illicite... Ce serait bien qu'on parle plus que durant ces 30 dernières années du rôle majeur que jouent les océans dans tout ce qui concerne la régulation du climat".