La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a défendu dans un entretien à l'AFP "le patriotisme écologique" pour redresser les entreprises françaises de l'économie verte, juste avant l'ouverture vendredi de la conférence environnementale voulue par François Hollande.
La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a défendu dans un entretien à l'AFP "le patriotisme écologique" pour redresser les entreprises françaises de l'économie verte, juste avant l'ouverture vendredi de la conférence environnementale voulue par François Hollande. - Alain Jocard afp.com

© 2012 AFP

La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a défendu dans un entretien à l'AFP «le patriotisme écologique» pour redresser les entreprises françaises de l'économie verte, juste avant l'ouverture vendredi de la conférence environnementale voulue par François Hollande. Des mesures d'urgence pour les filières éolienne et solaire hexagonales, actuellement en difficulté, doivent être annoncées samedi au terme de deux jours de tables rondes consacrées à l'avenir énergétique et environnemental de la France. «Cela confine à l'absurde que le développement des énergies renouvelables contribue à creuser le déficit de la balance commerciale alors qu'on a des savoir-faire», a fait valoir Delphine Batho à l'AFP.

Made in France

La ministre a notamment suggéré que la production en France soit un critère dans les appels d'offres dans les énergies renouvelables, comme le suggère un rapport commandé par le gouvernement. Il s'agirait «d'intégrer dans les marchés publics et les appels d'offres des clauses liées à la création de valeur ajoutée en France (...) et j'y suis éminemment favorable», a déclaré Delphine Batho, se contentant de dire que cette proposition «pourrait» être entérinée samedi.

La prise en compte du «made in France» figurait déjà dans le premier grand appel d'offres français dans l'éolien en mer, qui avait essentiellement consacré des groupes français, EDF et Alstom principalement, mais aussi Areva. Selon des sources concordantes, l'appel d'offres pour deux champs éoliens en mer supplémentaires (Le Tréport et Noirmoutier, en plus des 4 projets déjà retenus) doit d'ailleurs être lancé samedi, une information que Delphine Batho s'est refusée à confirmer.

«Un cadre réglementaire pérenne»

La ministre s'est rendue mercredi à Ormes (Loiret), au siège de Vergnet, pionnier français de l'éolien actuellement en difficulté. Spécialisé dans les zones cycloniques avec une éolienne rabattable en cas d'ouragan, ce constructeur a vu s'effondrer ses importants marchés outre-mer, notamment à cause de contraintes réglementaires. «Les entreprises ont surtout besoin de visibilité à long terme, avec un cadre réglementaire pérenne et stable», a dit Delphine Batho à l'AFP. «Il y a eu une instabilité réglementaire et tarifaire qui a créé des mouvements de stop and go», a-t-elle déploré.

Deux mois après la conférence sociale et cinq ans après le Grenelle, François Hollande ouvre vendredi le chapitre écologique de son quinquennat avec une conférence de deux jours censée relancer le dialogue environnemental, à la peine, entre Etat, ONG, entreprises, syndicats et élus. Un grand débat sur la transition énergétique doit suivre à l'automne et s'étaler en 2013. La ministre a rejeté les accusations de ceux qui voient ces grandes discussions comme une perte de temps face à l'urgence écologique: «Le débat, ce n'est pas pour enliser les décisions. Surtout quand on doit faire des choix qui engagent bien au-delà du quinquennat». Alors que les ambitions environnementales s'effacent avec l'enlisement dans la crise économique, Delphine Batho a aussi invité à voir l'écologie non pas comme «une contrainte mais comme un facteur de compétitivité». «Dans la situation économique actuelle, il n'y a pas 36 politiques qui peuvent jouer un effet de levier sur la croissance. Il y a la politique du logement, et il y a tout ce qui est lié à la croissance verte», selon elle.