Conséquences de la marée noire en Louisiane: «Les résultats des études sont inaccessibles»

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Publié le 12 septembre 2012.

INTERVIEW - Les procédures judiciaires retardent la communication des études sur l'impact de la gigantesque fuite de pétrole...

779.000m3 de pétrole dans l’océan: la marée noire provoquée par l’explosion de la plateforme Deepwater dans le golfe du Mexique risque de marquer pour longtemps les écosystèmes de la région. Deux ans après le colmatage définitif du puits, les nombreuses études réalisées par des scientifiques n’ont pas encore été publiées, déplore Christophe Rousseau, adjoint du directeur du Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), qui donnera ce mercredi une conférence sur le sujet à l’Institut océanographique de Paris.

En quoi cette pollution a été différente des autres marées noires?

C’est d’une part une pollution extraordinaire en termes de volume, à laquelle les Etats-Unis ont apporté une réponse extraordinaire. Ils ont mis en œuvre des moyens gigantesques, leur stratégie étant de protéger le delta du Mississippi et les bayous, qui sont une zone écologiquement très sensible. Ils ont eu beaucoup de chance car les conditions météo dans le golfe ont évité de très grands arrivages sur la côte, même si un grand nombre de kilomètres ont été touchés par des boulettes de pétrole.

Le temps qu’il a fallu pour stopper la fuite a-t-il aggravé la situation?

Si on compare avec des pollutions plus classiques de pétrolier, qui provoquent un déversement important instantané, il y a eu un relargage dans le temps. On avait du pétrole vieillissant et tous les jours du pétrole frais, donc on a dû utiliser des techniques adaptées à du pétrole frais et du pétrole vieilli. Cela a permis aux Etats-Unis d’utiliser des dispersants en surface et au fond. C’est la première fois qu’on utilise autant de dispersants et simultanément du brûlage.

Que sait-on des impacts sur l’écosystème?

Les Etats-Unis n’ont pas signé le schéma international d’indemnisation des dommages de pollution, ils ont leur propre système d’évaluation des dommages aux ressources naturelles. Dans le cadre du processus contentieux amiable entre les pollueurs et l’Etat américain, un certain nombre de groupes de travail se sont mis en place sur tous les thèmes: la végétation aquatique, les huitres, le littoral, les usages humains,… Ces études s’appuient sur une quantité gigantesque d’échantillons d’eau, de tissus biologiques, de sédiments marins. Le problème, c’est que tous les résultats sont inaccessibles car on est encore dans la procédure contentieuse.

Quand pourra-t-on avoir accès aux résultats?

Nous avons quelques résultats, quelques publications, des contacts avec les organismes de recherche ou les compagnies pétrolières, mais ce n’est rien par rapport à ce qu’on peut attendre étant donné la quantité d’échantillons étudiés. On n’aura accès aux résultats que quand les parties intéressées et les pollueurs se seront entendus sur les montants d’indemnisation.

Que sait-on pour le moment?

Une partie du rejet s’est vaporisée en microgouttelettes entre 1.100 et 1.200m de fond et les bactéries qui vivent là se sont mises au travail tout de suite. On sait que ce processus s’est mis en route rapidement. On a également relevé des traces d’hydrocarbures sur des populations coralliennes à 11km du puits. Tout cela reste très partiel et ponctuel. Pour connaître les impacts à moyen et long terme, il faudra cinq à dix ans.

 

 

 

Propos recueillis par Audrey Chauvet
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