Méconnues et inutiles à l'homme, des espèces vouées à disparaître

6 contributions
Publié le 11 septembre 2012.

BIODIVERSITE - Des experts appellent à se pencher sur des espèces animales et végétales peu connues mais en danger d'extinction...

L’iguane jamaïcain, le caméléon de Tarzan, le bécasseau spatule et le paresseux nain: l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et la Société zoologique de Londres (ZSL) publient ce mardi un inventaire à la Prévert des cent espèces les plus menacées de disparition. Leur point commun: elles sont inutiles à l’homme et de ce fait peu protégées.

Que peut faire la nature pour nous, ou l’inverse?

«Plus de la moitié de ces cent espèces reçoivent peu ou pas d’attention», explique le professeur Jonathan Baillie, directeur de la conservation à la ZSL.  Le rapport, intitulé Priceless or Worthless? (Sans prix ou sans valeur?), espère changer la manière de penser la conservation des espèces. Si les stocks de poissons comestibles ou les plantes utilisées en médecine font l’objet de toutes les attentions, il n’en est pas de même pour les crabes d’eau douce de Singapour, la chauve-souris des Seychelles ou la salamandre des monts Zagros, en Iran. Faute d’avoir une valeur économique, ils sont totalement ignorés des programmes de sauvegarde. Or, comme toutes les espèces, elles ont leur rôle dans l’écosystème.

«Bien que la valeur de certaines espèces n’apparaisse pas évidente de prime abord, toutes contribuent à leur manière à assurer un fonctionnement sain de la planète», rappelle Simon Stuart, président de la commission de préservation des espèces à l’UICN. «Il faut considérer la diversité de la vie sur Terre, les arguments  utilitaristes ne doivent passer qu’après», estime pour sa part Jonathan Baillie. «Les mouvements de conservation des espèces vont de plus en plus vers une approche «que peut faire la nature pour nous», poursuit-il, dans laquelle les espèces et les habitats naturels sont valorisés et priorisés selon les services qu’ils rendent à l’homme.»

Espèces… sonnantes et trébuchantes

Le rapport, présenté à l’occasion du congrès mondial de l’UICN qui se tient en Corée jusqu’au 15 septembre, rappelle pourtant que lorsque des actions sont engagées, les résultats sont probants: l’interdiction de la chasse à la baleine aurait permis de reconstituer la population de cétacés et les élevages de chevaux de Przewalski, qui avaient quasiment disparu des steppes asiatiques dans lesquels il vivait, a permis de réintroduire ces chevaux sauvages dans la nature. «Nous avons besoin de fonds pour prévenir ces extinctions, apportés par les gouvernements, et qui se chiffrent en milliards, pas en millions», précise le rapport.

«Toutes les espèces sont uniques et irremplaçables, insiste Ellen Butcher, co-auteur du rapport. Si nous agissons immédiatement, nous pouvons leur donner une chance de survivre. Mais pour cela, il faut que la société accepte la position éthique et morale selon laquelle toutes les espèces ont le droit d’exister.» Pas jaloux des pandas ou des tigres, espèces emblématiques qui attirent tous les regards, les 700 derniers manakins de Bockermann, petits passereaux du Brésil, les 250 rhinocéros de Sumatra ou les 200 singes rhinopithèques du Tonkin survivant au Vietnam ont besoin d’aide, alerte l’UCIN. Et si elles ne rapportent rien économiquement, «ces espèces ont-elles le droit de vivre ou avons-nous le droit de les laisser s’éteindre?», interpelle Jonathan Baillie.

Audrey Chauvet
Newsletter
HIGH-TECH

Recevez une fois
par semaine
toute l'actualité high-tech

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr