Isabelle Adjani à la 35e cérémonie des César, en 2010.
Isabelle Adjani à la 35e cérémonie des César, en 2010. - LYDIE/NIVIERE/SIPA

A.G.

Ils n’avaient rien vu pendant des années. Plusieurs acteurs, réalisateurs et célébrités du monde du spectacle français faisaient confiance à Frédéric L., gestionnaire de comptes, décrit par ses clients comme quelqu’un de charmant. Mais le quadragénaire est en réalité un escroc. Le Parisien révèle ce mardi que l’homme de 42 ans aurait arnaqué ces stars du showbiz pour un total de cinq millions d’euros. Sa méthode? Celle utilisée par le célèbre escroc américain Bernard Madoff. Le Français s’appuyait sur la chaîne de Ponzi, qui consiste à prêter à certains de ses clients des sommes empruntées aux autres.

Il pouvait débloquer pour eux 100.000 ou 150.000 euros en un clin d’œil, sans paperasse ni signature… Puisqu’en réalité il puisait cet argent sur les comptes des autres stars auxquelles il avait accès.

Isabelle Adjani débitrice de Mylène Demongeot à son insu

Les célébrités qui ont eu affaire à Frédéric L. ignoraient totalement cette arnaque. Parmi les comptes ponctionnés figurent ceux du producteur et réalisateur Alexandre Arcady, de l’acteur et mannequin Olivier Martinez ou encore de l’actrice Mylène Demongeot. Leur argent a été prêté à leur insu à Stéphane Delajoux, ancien médecin de Johnny Hallyday, à Samy Naceri, la vedette de Taxi, ou encore à Isabelle Adjani. Cette dernière serait ainsi devenue sans le savoir la débitrice de Mylène Demongeot, qui affirme dans une interview au Parisien que son préjudice avoisine les 2 millions d’euros. Si Stéphane Delajoux et Samy Naceri ont remboursé les sommes avancées, d’autres ont refusé de les restituer.

L’enquête de la brigade de répression de la délinquance astucieuse a débouché, le mois dernier, sur l’ouverture d’une information judiciaire, indique le Parisien. Frédéric L. est aujourd’hui mis en examen pour «escroquerie» et «faux». L’enquête devra élucider par quel hasard ce titulaire d’un Deug lettres et civilisations étrangères est devenu gestionnaire de comptes et s’il s’est enrichi avec cette escroquerie.

Premiers dérapages en 2001

Le Parisien raconte que le quadragénaire pacsé et sans enfant a fait ses classes à la Banque populaire en 1992. C’est un passage chez BNP Paribas qui lui permet de se familiariser avec le monde du cinéma. Ses clients le suivent ensuite à la banque Fideuram Wargny, qu’il intègre en 2001. C’est là qu’il commet ses premiers dérapages avant de multiplier les prêts auprès de ses «amis» du showbiz. Le banquier se retrouve pris au piège lorsque les bénéficiaires des prêts refusent les uns après les autres de les rembourser.