De Janis Joplin à Elvis Presley en passant par Michael Jackson, les célébrités ayant succombé plus ou moins directement à leur addiction médicamenteuse ne manquent pas. Lundi, avec la condamnation de Conrad Murray, les médecins des stars ont reçu un rappel: ceux qui dégainent trop facilement les prescriptions peuvent finir en prison.
«Ceci est un avertissement», a réagi le District Attorney (représentant du ministère public) du Comté de Los Angeles. «Quand quelqu'un meurt parce qu'ils jouent aux docteurs 'feel good', leur responsabilité doit être engagée», a martelé Steve Cooley. Selon lui, «l'abus de médicaments est la cause de mortalité numéro un aux Etats-Unis, et particulièrement à Los Angeles.»
Sur les collines d'Hollywood, se faire prescrire du xanax ou des antidépresseurs n'est pas compliqué, à condition de sortir le chéquier. Michael Jackson avait par exemple embauché Conrad Murray, qui croulait sous les dettes, pour 150.000 dollars par mois. «Dès lors, on ne s'inscrit plus dans une relation docteur-patient mais employeur-employé», avait attaqué le procureur lors du procès.
Cette relation avec des docteurs «peu scrupuleux» ne peut que «mal finir», estime encore Steve Cooley. Sur la publique radio NPR, le directeur du centre pour l'éthique médicale de l'Université de Pennsylvanie, Ezekiel Emanuel, a estimé «qu'aucun docteur digne de ce nom n'aurait utilisé» un anesthésiant comme le Propofol pour traiter des insomnies, et «surtout pas en dehors d'une chambre d'hôpital, sans surveillance constante». Il conclut: «Peu important que ce soit par appas du gain ou parce qu'il était devenu trop proche de son patient, Conrad Murray a réagi en cherchant une solution facile, temporaire et rapide. Ce n'est pas la mission d'un médecin.»