Livre Marianne Denicourt attaque Arnaud Desplechin

« J’ai eu une réaction de mère quand j’ai découvert le scénario d’Arnaud Desplechin ! » L’actrice Marianne Denicourt, qui a partagé la vie et les films du cinéaste, lui reproche d’avoir vampirisé et perverti des drames de sa vie personnelle pour réaliser

© 20 minutes

— 

« J’ai eu une réaction de mère quand j’ai découvert le scénario d’Arnaud Desplechin ! » L’actrice Marianne Denicourt, qui a partagé la vie et les films du cinéaste, lui reproche d’avoir vampirisé et perverti des drames de sa vie personnelle pour réaliser son dernier film, Rois et reine. Notamment la mort de son premier amour, alors qu’elle était enceinte de lui. Moins directe mais tout aussi indiscrète, la lettre de haine que le cinéaste attribue au père du personnage féminin : « C’est Arnaud lui-même qui me l’a envoyée. Pas mon père ! » On objecte que la liberté de création est souveraine, Marianne sourit : « C’est normal qu’un créateur se nourrisse de la vie, la sienne ou celle des autres. Le problème, c’est qu’il s’en est pris aux miens tout en pervertissant la réalité. » Plutôt que de lui intenter un procès, Marianne Denicourt a préféré prendre la plume avec Judith Perrignon, journaliste à Libération, pour écrire Mauvais génie (Stock), portrait d’un homme manipulateur, égocentrique, mégalo, incapable d’aimer... Arnold Duplancher y est censé être le double de fiction parfait d’Arnaud Desplechin. Les deux filles ont compulsé des interviews, rencontré l’entourage du cinéaste, retranscrit des lettres qu’il a écrites, parlé avec des psys. « Je suis étonnée de voir le pouvoir de fascination qu’il exerce sur les médias, constate la journaliste. Mais ce livre n’est pas un règlement de comptes : nous l’avons conçu avec humour, en essayant de décrypter l’homme public, un beau personnage romanesque qui dit beaucoup de notre époque... » La phrase sonne comme une réplique au « beau personnage de femme », tel que Desplechin décrit la Nora de son film. « Peu importe que Mauvais génie soit lu ou non, qu’il incite à aller voir le film ou pas : je devais l’écrire pour les cinq personnes qu’Arnaud Desplechin a fait souffrir à dessein. Ce n’est pas un livre contre lui, c’est un livre “pour”. Pour résister et mettre en lumière un certain processus de création. » Karine Papillaud

Mots-clés :

Aucun mot-clé.