Joaquin Phoenix, rappeur ou blagueur?

PEOPLE La reconversion musicale hyper médiatisée de l'acteur pourrait n'être qu'une vaste plaisanterie...

Sandrine Cochard

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  — REUTERS/Mario Anzuoni

Joaquin Phoenix n’aurait rien d’un rappeur et toute cette histoire de reconversion ne serait qu’un hoax. C’est en tout cas ce qu’affirme le site américain «Entertainment Weekly», qui cite une source proche de l’ex-acteur. Car, depuis la stupeur provoquée par sa piètre prestation, tout le monde s’interroge: l’acteur a-t-il vraiment décidé de se lancer dans le rap?
 
Pourquoi c’est plausible
 
Le 1er novembre 2008, Joaquin Phoenix dit au revoir au cinéma lors de la première de «Two Lovers», le dernier film de James Gray dans lequel il joue le rôle principal. Pour annoncer sa retraite, l’acteur a inscrit les mots «good» et «bye» sur chacun de ses poings. Il prévient ses agents dans la foulée. Dès le départ, sa décision fleure le gag. Pourtant, Phoenix se montre sain d’esprit et s’explique: il s’est pris de passion pour la musique. «Je travaille sur ma musique et un prochain album, et il n'y a plus que ça qui m'intéresse. J'espère que je vous toucherai aussi avec cela», déclare-t-il à la chaîne américaine câblée Extra. Ses fans en ont déjà le rimmel ruisselant. La perspective de ne plus revoir le sourire charmeur de l’acteur est tellement insupportable qu’on se raccroche à n’importe quelle carrière (rappeur, trapéziste ou même animateur de téléachat s’il avait voulu) pour se dire que, ouf, il ne plaque pas tout pour une retraite mystique en Amazonie.
 
En plus, Joaquin a l’air sincère. L'acteur, qui avait incarné la légende rock Johnny Cash pour le film «Walk the Line» en 2005, aime la musique et travaillerait sur un projet en collaboration avec Tim Burgess, le chanteur du groupe The Charlatans. Dans ce contexte, le rap apparaît comme l’expérience d’un homme qui, à 34 ans, se cherche encore.  Et pour casser son image de sex-symbol, il n’hésite pas à donner de sa personne, s’offrant un look hirsute entre Sébastien Chabal et Chewbacca.
 
Autre indice tendant à prouver que Joaquin Phoenix a bel et bien tourné la page cinéma, le réalisateur James Gray, qui en a fait son acteur fétiche, paraît affligé. «A la fin de "Two Lovers", il était épuisé. Un jour vers la fin du tournage, il s'est assis dans un coin et il avait l'air fini, je lui ai demandé "Qu'est-ce qu'il t'arrive?", et il m'a répondu "Mec, je n'en peux plus... je ne sais pas si je peux encore faire ça"», raconte Gray qui confirme la retraite de l’acteur, l’assimilant à un délire de gosse. Et ne cesse d’espérer. «Je le ferai sortir de sa retraite... si je lui écris un bon rôle», soutient-il.
 
Pourquoi c’est risible
 
Parce qu’on ne s’improvise pas rappeur, tout acteur de talent que l’on est. Et Joaquin Phoenix n’a rien d’un "MC". Sa prestation désastreuse, suivie d’une chute en descendant de scène, fait le tour du Net et lui vaut les railleries du monde entier.
 
Le rap:
 

 
La chute:
 

 
C’est aussi l’heure des premiers soupçons. Malgré son ratage, l’apprenti rappeur est hilare. Est-il saoul ou adepte de l’autodérision? Un tel fiasco est-il possible sans tricherie? Le projet parallèle de Casey Affleck, beau-frère de Joaquin, de réaliser un documentaire sur sa nouvelle carrière ajoute une dose de suspicion sur un probable coup monté.
 
Le coup de grâce arrive par un «proche» du comédien. Interrogé par le magazine «Entertainment Weekly», celui-ci confie avoir entendu l’acteur déclarer: «Tout ceci n’est qu’une simulation. Je ne fais que prétendre avoir pété les plombs et Casey Affleck filme tout cela.» Pourquoi une telle supercherie? Pour se moquer des acteurs qui se prennent trop au sérieux et des médias qui les encensent, selon le magazine «People». A commencer par lui-même? Apparemment, non. L’acteur a fait savoir jeudi midi, par la voix de son agent, que sa reconversion n’était pas un gag. De quoi brouiller un peu plus les cartes.

 

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