PEOPLE – Entre le journaliste du Nouvel Obs et Nicolas Sarkozy, «l’affaire du SMS»...
On va bientôt l’appeler
«l’affaire du SMS». Après que le site du Nouvel Obs a écrit la semaine dernière que Nicolas Sarkozy aurait envoyé, une semaine avant son mariage avec Carla Bruni, un SMS à son ex-épouse Cécilia indiquant «si tu reviens, j'annule tout», le journaliste auteur de l’article le martèle: cette information, «pour moi, c'est du béton. Et d'ailleurs, je sais que Sarkozy n'a pas cessé d'envoyer des messages, des SMS à Cécilia». La Société des Rédacteurs du Nouvel Observateur, réunie ce lundi, a affirmé son soutien à leur collègue. Même si, en interne, Guillaume Malaurie, directeur de la rédaction contacté par 20minutes.fr, confie que «l'information a été donnée par Airy Routier au site du Nouvel Obs sans qu'on l'ait vue. C'est une erreur technique et il n'est pas sûr que si on avait été au courant, on aurait publié l'article en l'état.»
L’article ainsi publié lui a valu la plainte du chef de l’Etat pour «faux, usage de faux et recel». Mais le journaliste se défend: «je ne dirai rien qui puisse découvrir ma source ou mes sources.» «Ce qui est en cause, ce n'est pas sa source ou la protection de cette source,
a repris Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy. Ce qui importe, c'est de déterminer si le texte est un vrai ou un faux, c'est-à-dire une altération frauduleuse de la vérité.»
Si le texte est vrai, comment le SMS est-il parvenu à celui qui n’est pas sensé en être le destinataire?
Trois possibilités:
- On lui a rapporté la teneur du message
- Le SMS lui a été transmis par un intermédiaire comme on fait suivre un email
- Le SMS a été piraté à distance. Selon les opérateurs de téléphonie, ces cas de piratage de SMS ne sont pas fréquents. Sauf si un initié ayant accès aux données qui transitent par les réseaux de Orange, SFR ou Bouygues peut servir d’informateur.
La justice et les services de police comme la Befti (Brigade d’enquête sur les fraudes dans les nouvelles technologies) peuvent voir les SMS échangés en ayant accès aux serveurs des opérateurs. «Il n'est pas plus difficile de récupérer un SMS que de procéder à une écoute téléphonique», explique un magistrat à l’AFP.
Le téléphone de Nicolas Sarkozy ne devrait pas être saisi
Interrogé sur la procédure,
l’avocat de Nicolas Sarkozy a expliqué qu’il ne pensait pas que les «messages envoyés» depuis le portable du Président seraient vérifiés. «Je ne pense pas que l'on ira jusque-là. Le premier entendu sera le journaliste du “Nouvel Observateur”. Ensuite, à supposer que les fonctionnaires fassent vérifier le portable de la supposée réceptrice, Cécilia, on verra qu'elle ne l'a pas reçu. Pourquoi irait-on ensuite vérifier celui du supposé émetteur? La vérité, c'est que le journaliste a tenté un coup, qu'il a perdu, et qu'il devra présenter ses excuses.»
Pour le journaliste, cette plainte dénote la défiance du chef de l’Etat envers les médias. «Je pense que je suis aujourd'hui instrumentalisé dans une stratégie beaucoup plus globale qui concerne tous les journalistes en ce moment, de reprise en main et de rapport de force avec la profession.» C'est un «coup de force», condamne la Société des Rédacteurs. Une «mesure d'intimidation inouïe, lance Guillaume Malaurie, ne sous-estimons pas la gravité de l'agression faite à la presse. C'est le même Président qui nous dit que la presse a été hypocrite en ne révélant pas l'affaire Mazarine pour Mitterrand et là, il siffle la fin de la partie quand elle ne lui est plus favorable.»