Portrait d'une princesse peule

PEOPLE – Retour sur la vie de la top-model disparue vendredi soir…

Cédric Couvez

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Une enquête a été ouverte à Paris suite à la disparition, jugée "inquiétante" par ses proches, de l'ancien mannequin d'origine guinéenne Katoucha, a-t-on appris de source proche de l'enquête mercredi.

Une enquête a été ouverte à Paris suite à la disparition, jugée "inquiétante" par ses proches, de l'ancien mannequin d'origine guinéenne Katoucha, a-t-on appris de source proche de l'enquête mercredi. — Martin Bureau AFP/Archives

On la surnomme la «Naomi Campbell francophone» ou encore la «princesse peule». Fille de l'écrivain Djibril Tamsir Niane, Katoucha est née en 1960, à Conakry en Guinée. Excisée à 9 ans sur décision de son père, elle sera abusée sexuellement par un oncle avant de rejoindre, à 12 ans, sa famille à Dakar.

Alors qu’elle a tout juste 17 ans, Katoucha tombe enceinte et on la marie de force à l'hôpital juste après l’accouchement. Elle s'enfuit à Paris avec sa fille et fait ses premiers pas dans le mannequinat lors d’un défilé pour Thierry Mugler. De fil en aiguille, Katoucha s’impose sur les podiums et devient l’une des premières mannequin noires. Elle devient vite l’égérie de grandes maisons de couture comme Christian Lacroix ou Yves Saint-Laurent.

En 1994, Katoucha présente sa première collection personnelle. Un succès d’estime qui ne dépassera jamais les frontières du microcosme de la mode. Katoucha entame alors une traversée du désert, écumant les boîtes branchées et les bars de nuit à la mode.

En 2005, M6 la recrute pour coacher les candidates de «Top Model 2005». Son visage réapparaît alors dans la presse people avant qu’elle ne parte s’installer à Dakar pour retrouver ses racines. Multipliant les allers-retours à Paris, Katoucha publie l’année dernière un livre témoignage «Dans ma chair», chez Michel Laffont, où elle révèle les blessures provoquées par son excision. Lutter contre cette mutilation devient alors son grand combat, avec sa propre association, KPLCE.

Le corps de Katoucha a été retrouvé jeudi 28 février dans la Seine à Paris. Une autopsie a été pratiquée dans la nuit. Katoucha est morte par "submersion rapide sans traces de violences".

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