Emissions, boîtes de nuit, publicité: Le business des candidats de téléréalité

SALAIRES En dehors des émissions, les candidats de téléréalité ont trouvé le moyen de gagner plutôt bien leur vie...

Claire Barrois

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Carla des «Marseillais», Nikola et Jessica, Tatiana de «Secret Story» et les candidats de «La Revanche des ex» monnaient leur popularité.

Carla des «Marseillais», Nikola et Jessica, Tatiana de «Secret Story» et les candidats de «La Revanche des ex» monnaient leur popularité. — Claire Barrois / Instagram / 20 Minutes

Carla, Nikola, Jessica, Lauren… Pour beaucoup, ce sont de simples prénoms. Mais pour les amateurs de téléréalité, ce sont des stars. Car les plus demandés d’entre eux multiplient tellement les émissions qu’ils squattent nos écrans quasiment 365 soirs par an. Leur participation à ces programmes est devenue leur métier, parfois à temps plein.

Et ça paye. A la télé, c’est environ 2.000 euros par semaine dans Les Marseillais et les Ch’tis contre le reste du Monde ou Friendstrip par exemple. Mais en dehors, ça peut être beaucoup plus. A elle seule, Jessica, la vedette l’un des programmes phares de W9, Les Marseillais et les Ch’tis contre le Reste du Monde, rassemble 1,7 million d’abonnés sur Instagram. Quel est le rapport ? Cette audience lui permet de décrocher, comme celle tous ses collègues, des contrats qui rapportent.

Abonnés = euros

Sur Instagram ou Snapchat, qui dit abonnés dit euros. « Pour les entreprises, un influenceur est intéressant s’il a plus de 5.000 vues sur Instagram ou 1.000 vues sur Snapchat ou YouTube », explique Sylvain Gasc, cofondateur et directeur général d’ Hivency, une plateforme qui met les marques en contact avec les influenceurs Web. Et poster une photo vantant les mérites d’un gommage ou d’une boisson amincissante rapporte de 100 à plus de 1.000 euros en fonction de la notoriété du candidat.

Vu l’enjeu financier, le secteur s’est rapidement structuré. Des agences ont donc vu le jour pour gérer les détails juridiques des contrats des candidats et les aider à maîtriser leur image. Parmi elles, la plus célèbre, Shauna Events, qui « représente 80 % des candidats de téléréalité », selon sa fondatrice, Magali Berdah. Son agence a établi un cahier des charges très précis pour satisfaire les marques tout en protégeant ses « people », comme elle les appelle.

Deux snaps par mois, un Instagram par semaine

Une publicité efficace, c’est une publicité ciblée. « Je conseille les marques sur les personnes qui peuvent les représenter en fonction de leur image », prévient l’agente. Côté candidats, parfois peu fiables, elle vérifie qu’on respecte ses engagements, car les entreprises paient pour chaque post. Et pour ne pas saturer les abonnés, elle recommande de ne pas aller au-delà de deux snaps par mois et un Instagram par semaine. Les autres réseaux ? « La pub sur Facebook, c’est fini depuis longtemps, assure Magali Berdah. Quant aux tweets, ils s’effacent très vite et ne sont pas très efficaces. C’est donc un service supplémentaire gratuit. »

Carla, des Marseillais (W9), a fait ses calculs : elle gagne autant grâce aux placements de produits que sur les tournages, soit entre 6.000 et 8.000 euros par mois selon nos estimations. « Je suis une grosse feignante alors j’ai quitté mon ancien travail. Je dors beaucoup, je fais du sport et je partage mon quotidien sur les réseaux sociaux, confie l’ex-coiffeuse. J’arrive à vivre de ça, mais il ne faut pas croire qu’on devient milliardaire en faisant de la téléréalité. »

Les boîtes de nuit, une manne aussi

Sinon, il y a aussi les traditionnels passages en boîte de nuit. Pour deux heures de présence, comptez entre 600 et 1.500 euros la soirée, en fonction de la popularité de la personne, avec obligation de faire des photos et des dédicaces. « A mes yeux, les bookings [soirées en boîte de nuit] ont moins d’intérêt que la publicité, mais la plupart des candidats aiment ça, donc ils en font souvent, constate Magali Berdah. Je préfère organiser des séances de dédicaces parce que ce sont des gamins qui s’y déplacent, et qu’ils sont plus dans leur cible que le public des boîtes de nuit, plus âgé. »

Malgré tout, certains candidats, comme Tatiana, actuellement dans Friends Trip sur NRJ 12, ont gardé un emploi en parallèle. Car le marché évolue en permanence. « Il y a dix ans, quand je suis sortie du premier Secret Story, les placements de produits et les bookings n’existaient pas, se souvient-elle. A l’époque, les grosses émissions de télévision, les photos exclusives et les interviews pour la presse people étaient payées. Avec mon mari, Xavier Delarue, également candidat de l’émission, nous avions gagné 80.000 euros en deux mois. »

Aujourd’hui, la jeune femme donne plutôt la priorité aux ouvertures de boutiques, rémunérées de 2.000 à 20.000 euros selon la marque. « Ces événements nous permettent de mettre du beurre dans les épinards, mais pas de vivre », précise Tatiana, qui affime placer cet argent pour le futur. Pour l’instant, les candidats sont encore loin des 100.000 $ par post de Kim Kardashian, mais comme elle s’est retirée des réseaux sociaux, elle laisse une chance aux Français d’en tirer profit.